2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 18:07

Le 2 mai 2021

Virée couennes et randonnée du vertige au-dessus de la calanque de Figuerolles à La Ciotat. Le secteur de la plage offre une poignée de longues couennes sur un conglomérat bien nettoyé, avec vue plongeante sur les eaux émeraude de la calanque, des voies parfaites pour de l’initiation sur une paroi pas trop raide et bien pourvue en patates de poudingue.
On peut également prolonger la balade des 5 mn d’approche vers le sommet de la Tête du Capucin, qui s’atteint par un itinéraire astucieux contournant en spirale les dévers sommitaux, ne dépassant donc jamais le III et protégé si besoin était par quelques points à demeure (queue de cochon au collu puis goujons juste sous le sommet).

dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b
dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b
dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b
dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b
dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b
dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b

dans le secteur de couennes "plage", de belles lignes de 15 à 25 mètres au-dessus de l'eau en 5a/b

sur la corniche, le Bec de l'Aigle dans le rétroviseur
sur la corniche, le Bec de l'Aigle dans le rétroviseur
sur la corniche, le Bec de l'Aigle dans le rétroviseur

sur la corniche, le Bec de l'Aigle dans le rétroviseur

du conglomérat façon borie provençale ou pudding anglais
du conglomérat façon borie provençale ou pudding anglais

du conglomérat façon borie provençale ou pudding anglais

sous puis sur le rocher du Capucin ou Tête de Chien
sous puis sur le rocher du Capucin ou Tête de Chien
sous puis sur le rocher du Capucin ou Tête de Chien
sous puis sur le rocher du Capucin ou Tête de Chien

sous puis sur le rocher du Capucin ou Tête de Chien

25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 21:27

Le 25 avril 2021

Voie « les cylindres orientaux » à l’Eissadon, 5 longueurs, terrain d’aventures, 6a max
5b/6a (très soutenu sur 45 mètres, en rocher fragile et vierge d’équipements si ce n’est 2 lunules)/5b/6a (raide et athlétique, mais rocher généralement meilleur qu’en L2)/5c+ (dans « avec toi c’est extra »).

Retour sur la falaise de l’Eissadon pour une voie en terrain d’aventures - les « cylindres orientaux » - ouverte en 1974 et qui remonte une succession de fissures et cheminées. La voie récemment équipée « avec toi c’est extra » croise maintenant cette ligne deux fois, ce qui permet d’éviter ses passages les moins intéressants et plus fragiles par la voie spitée… Arrivés au départ des rappels, la beauté du paysage saisit toujours avec la vue de l’Eissadon au cap Morgiou et les falaises blanches qui plongent dans une mer inhabituellement plate et donc colorée de nuances de turquoise comme rarement. Au pied de la paroi, c’est la seconde longueur et sa portion de dalle d’aragonite, au beau rocher cristallisé mais fragile, apparemment dure à protéger, qui saisit aux tripes, de la grimpe pour marteaux ou "hexentric" ! 
On évitera le dièdre fragile de L1 par les scellements de « avec toi c’est extra » avant de gagner par une belle cheminée presque fermée le relais de pitons couplés à la base de L2. C’est une longueur finalement généralement bien protégeable (prévoir un jeu complet de friends, doublé jusqu’à la taille 2 ou 3, pour nous les pitons, hexentrics et cablés emportés n'ont pas été utilisés), mais longue de 45 mètres et soutenue tout du long. On grimpe sur un rocher magnifique, aragonite et concrétions de calcaire mélangées, principalement en fissure (déversante sur la fin), où oppositions et en ramonage sur la fin permettent de s’économiser. L’arrivée au pin suspendu du relais sommital soulage, mais ne marque pas la fin des hostilités, avec une troisième longueur plus facile (plutôt 5b que 4c pour autant) mais au mélange de rochers et de terre qui ne demande qu’à s’ébouler au départ. La fissure de la longueur suivante est superbe, raide, athlétique (même si là encore oppositions des jambes et dos/jambes sont de rigueur), et au rocher généralement correct, même si je purgerai un bloc de la taille d’un micro-ondes… On choisira ensuite de sortir par la superbe dalle d’aragonite de la dernière longueur de « avec toi c’est extra » plutôt que la fissure déversante fragile originelle.
Au final encore une très belle voie de « terrain d’aventures » presque vierge d’équipements, même si la proximité de la voie équipée autorise des variantes plus intéressantes… ou moins fragiles. Débouchant à 18h au sommet de la paroi, on jouera aux « délinquants de l’inutile » dans le retour pédestre puis routier, pour reprendre le nom d’une des nouvelles voies de l’Eissadon !

la belle lumière du matin vers Castel Vieil et les soubeyrannes

la belle lumière du matin vers Castel Vieil et les soubeyrannes

dans les rappels du Collet au-dessus des nuances de turquoise
dans les rappels du Collet au-dessus des nuances de turquoise
dans les rappels du Collet au-dessus des nuances de turquoise
dans les rappels du Collet au-dessus des nuances de turquoise
dans les rappels du Collet au-dessus des nuances de turquoise

dans les rappels du Collet au-dessus des nuances de turquoise

au départ, friends, marteau, pitons...

au départ, friends, marteau, pitons...

fin de L1 sous le mur d'aragonite de L2 au centre puis à droite
fin de L1 sous le mur d'aragonite de L2 au centre puis à droite

fin de L1 sous le mur d'aragonite de L2 au centre puis à droite

dans la cheminée spéléo de L1 (relais intermédiaire pour nous)

dans la cheminée spéléo de L1 (relais intermédiaire pour nous)

dans L2, de la grimpe "pour les marteaux et excentrics" !
dans L2, de la grimpe "pour les marteaux et excentrics" !

dans L2, de la grimpe "pour les marteaux et excentrics" !

dans L3
dans L3

dans L3

ambiance dans la fissure de L4
ambiance dans la fissure de L4

ambiance dans la fissure de L4

sur la dalle d'aragonite de la dernière longueur de "avec toi c'est extra"
sur la dalle d'aragonite de la dernière longueur de "avec toi c'est extra"
sur la dalle d'aragonite de la dernière longueur de "avec toi c'est extra"

sur la dalle d'aragonite de la dernière longueur de "avec toi c'est extra"

24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 17:37

Le 24 avril 2021

Voie « mathusalem » au Cap Canaille, 6 longueurs, équipé, 6a+ max

6a++ (patiné et très délicat)/5c+/5c/5c/A1 et 6a+/6a+

Parcours de la voie Mathusalem au Cap Canaille, une voie qui était devenue classique dès son ouverture vu ses cotations la laissant accessible aux grimpeurs de 5c/6a, chose rare dans les falaises soubeyrannes. Le grand genevrier mort tourné vers le bas que la voie traverse juste au-dessus de la vire supérieure – un arbre dont l’âge sans doute vénérable a donné son nom à la voie - avait par contre conduit à son déséquipement, vu la menace de son arrachement avec les grimpeurs qui tiraient voire montaient dessus. Depuis lors, seule la voie « 2 vauriens 3 canailles » était demeurée populaire (et d’ailleurs devenue patinée), parmi les grimpeurs de petit 6 à la découverte de Canaille !

C’est en passant il y a 3 semaines sur la vire supérieure que j’avais repéré des spits brillants dans la traversée de L4, laissant penser à un rééquipement de la voie. Feu ce jour, avec en ligne de mire la seconde partie de la voie, pas encore parcourue. Après un échauffement un peu trop dur dans les pas bloc (et patinés) de la dalle de L1, on retrouve la géologie canaillenne dans la traversée de la grotte puis le pilier à tablettes de grès de L3, avec encore quelques spits bien rouillés en alternance avec des brillants.

La suite confirmera le rééquipement de la voie, avec des relais et quelques plaquettes récent.e.s , ce qui rassure dans la traversée de L4 et surtout l’artif’ de passage du toit au départ de L5. Mathusalem quant à lui semble avoir été accroché à la paroi par un câble, limitant les risques sur celles et ceux qui traversent cet arbre ou la vire supérieure 10 mètres plus bas. La dernière longueur s’avèrera très jolie et variée sur grès puis calcaire, entre dalle, dièdre et traversées, avant de bartasser dans la garrigue sommitale et d’y croiser d’ailleurs… un sanglier !

Au final, une voie intéressante mais qui n’est pas la plus belle de Canaille, « 2 vauriens 3 canailles » étant à mon avis à préférer dans ce niveau (même si avec la patine elle comporte maintenant des pas proches du 6b) pour sa géologie encore plus folle 

asphodèle au départ

asphodèle au départ

vue au-dessus du cirque du 14 juillet
vue au-dessus du cirque du 14 juillet

vue au-dessus du cirque du 14 juillet

L1 de "mathusalem"

L1 de "mathusalem"

L2

L2

L3 à travers la grotte puis en spirale autour du pilier plein gaz
L3 à travers la grotte puis en spirale autour du pilier plein gaz
L3 à travers la grotte puis en spirale autour du pilier plein gaz

L3 à travers la grotte puis en spirale autour du pilier plein gaz

L4 en traversée vers le genevrier dit Mathusalem
L4 en traversée vers le genevrier dit Mathusalem
L4 en traversée vers le genevrier dit Mathusalem

L4 en traversée vers le genevrier dit Mathusalem

L5 en dévers pas commode plutôt A1 que A0 (pédales très utiles...)

L5 en dévers pas commode plutôt A1 que A0 (pédales très utiles...)

la jolie L6, au départ et à l'arrivée
la jolie L6, au départ et à l'arrivée

la jolie L6, au départ et à l'arrivée

à l'arrivée, sanglier (photo pour mémoire) et tapis de cistes
à l'arrivée, sanglier (photo pour mémoire) et tapis de cistes

à l'arrivée, sanglier (photo pour mémoire) et tapis de cistes

24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 17:35

Le 23 avril 2021

Retour à la pause méridienne sur le très beau monotrace en balcon puis en descente sur sentier muletier, du fort de Figuerolles au vallon de Fontêtes puis à La Vesse, le plus panoramique de la côte bleue et sans doute l’un des plus beaux. On profite des vues sur la rade de Marseille au-dessus des buissons de cistes et coronilles en fleurs (début de floraison des genêts à balais sur le plateau du Médecin). La route bitumée interdite à la circulation remontant au départ de la route Pompidou permet de revenir aisément au point de départ et d’organiser une navette, faisant de ce parcours une longue descente (moyennant 50 mètres de remontée du fond du vallon des Fontêtes versant est) accessible à celles et ceux qui n’aiment pas les montées !

sur la route Pompidou

sur la route Pompidou

arrivée au fort de Figuerolles parmi coronilles et cistes
arrivée au fort de Figuerolles parmi coronilles et cistes

arrivée au fort de Figuerolles parmi coronilles et cistes

la portion en balcon juste à l'ouest du fort
la portion en balcon juste à l'ouest du fort
la portion en balcon juste à l'ouest du fort

la portion en balcon juste à l'ouest du fort

sur les sentiers muletiers de part et d'autre du vallon des Fontêtes
sur les sentiers muletiers de part et d'autre du vallon des Fontêtes
sur les sentiers muletiers de part et d'autre du vallon des Fontêtes

sur les sentiers muletiers de part et d'autre du vallon des Fontêtes

21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 10:29

Ci-dessous la carte IGN complétée en rouge de quelques sentiers repérés sur le terrain -parfois défrichés tout récemment - tous bien marqués et souvent balisés de marques de peinture et/ou cairns. Ils offrent tous des parcours intéressants sur des crêtes panoramiques ou au fond de ravins qui s'apparentent parfois à des canyons secs, et permettent de découvrir les chaos rocheux ruiniformes du massif de l'Etoile.

la carte des sentiers du Pilon du Roi
18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 20:00

Le 18 avril 2021

"la chtouille", 6a
le "pilier de l'escu", 3 longueurs, équipé, 6a max
A mon sens 6a/A1 puis 6a+/5b
première longueur du "super pilier de l'escu", 6b
"livre de bonheur", 6a

Retour à l’Escu, cette calanque abritée sous de gros surplombs située entre Marseilleveyre et Sormiou, dotée de nombreuses couennes sur ces nombreuses corniches, et de quelques grandes voies en traversées ou sur des piliers. Quelles que soient les voies, courtes d’une longueur ou courtes « longues voies », on y profite d’un beau rocher blanc, souvent typé « Oule » en rondeurs chipseuses, et de vues plongeantes sur les eaux turquoise de la calanque quelques dizaines de mètres plus bas.
On commencera par l’étage des couennes du bas avec « la chtouille », la ligne la plus accessible du secteur, un 6a pourtant athlétique et délicat sur le bas, puis à l’étage suivant « le pilier de l’escu ». C’est une petite grande voie aux cotations qui ne dépassent pas le 6a, bien équipée même si des friends moyens peuvent rassurer entre les spits éloignés de la première longueur, mais délicate et impressionnante dans le toit équipé pour l’artif’ du départ de L2 puis dans la fissure raide et surtout en rocher fragile qui lui fait suite. Avec les randonneurs qui passent juste en contrebas, on grimpe sur des œufs jusqu’au relais sommital et ses blocs qui se déchaussent dans la terre humide…
Au final et malgré ce bémol sur la qualité du rocher et les risques… d’homicides, une belle voie qui vaut surtout pour sa première longueur au rocher oulesque et le délicat mais esthétique passage du toit qui lui fait suite.
La première longueur du super pilier nous offrira à nouveau du bon rocher et de la belle escalade, d’abord à placements le long d’une arête puis plus à doigts sur un mur raide à gouttes d’eau. Idem pour « le livre de bonheur », une jolie couenne bien équipée en fissure à doigts.

les premiers baigneurs dans la calanque de l'Escu

les premiers baigneurs dans la calanque de l'Escu

dans la "chtouille"
dans la "chtouille"
dans la "chtouille"
dans la "chtouille"

dans la "chtouille"

vue sur le "pilier de l'Escu"
vue sur le "pilier de l'Escu"

vue sur le "pilier de l'Escu"

dans les rondeurs de L1 du "pilier de l'Escu"
dans les rondeurs de L1 du "pilier de l'Escu"
dans les rondeurs de L1 du "pilier de l'Escu"

dans les rondeurs de L1 du "pilier de l'Escu"

en artif' au départ de L2 du "pilier de l'Escu"
en artif' au départ de L2 du "pilier de l'Escu"

en artif' au départ de L2 du "pilier de l'Escu"

sortie de L3 du "pilier de l'Escu"

sortie de L3 du "pilier de l'Escu"

second rappel de descente au-dessus de la calanque

second rappel de descente au-dessus de la calanque

L1 du "super pilier de l'Escu"

L1 du "super pilier de l'Escu"

dans le "livre de bonheur"
dans le "livre de bonheur"

dans le "livre de bonheur"

18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 16:59

Le 18 avril 2021

Découverte en VTT d’un nouveau sentier de la côte bleue, tracé sur la crête sud-ouest descendant du point coté 213 vers le sentier littoral partant partant de l’Establon. C’est un chemin défriché tout récemment, bien cairné et même balisé, rarement panoramique tout du long, mais aussi un beau monotrace bien roulant à l’exception de sa portion finale trop raide pour des VTTistes de niveau médiocre. 
On poursuivra sur l’esthétique single du fort de Figuerolles, en balcon ascendant au-dessus de la Grande Bleue puis en lacets descendants vers le fond du vallon des Fontêtes, une valeur sûre du vélo sur la côte bleue ! Je découvrirai ensuite le sentier muletier qui fait face puis redescend vers la Vesse, encore un itinéraire à inclure dans les randonnées en vélo du coing !
Merci aux confinements qui ont sans doute libéré du temps pour l’ouverture et le défrichage de pas mal de nouveaux sentiers, sur la côte bleue ou la chaîne de l’Etoile par exemple…

au sommet coté 213 et départ du monotrace, vue panoramique sur la rade de Marseille
au sommet coté 213 et départ du monotrace, vue panoramique sur la rade de Marseille

au sommet coté 213 et départ du monotrace, vue panoramique sur la rade de Marseille

sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant
sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant
sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant
sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant
sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant
sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant
sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant

sur le monotrace toujours panoramique et presque toujours roulant

en VTT sur les crêtes du Coucourdier
sur le sentier muletier de la descente ouest du fort de Figuerolles

sur le sentier muletier de la descente ouest du fort de Figuerolles

sur le sentier de jonction entre les routes de Niolon et de la Vesse, devant le viaduc éponyme

sur le sentier de jonction entre les routes de Niolon et de la Vesse, devant le viaduc éponyme

17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 16:04

Ci-dessous le texte de l'article paru dans le numéro 43 de Ski Rando Magazine, pour les topos détaillés et photos se référer au magazine, dans sa version papier ou numérique :

https://www.skirandomag.com/2020/11/10/ubaye-devoluy-queyras-ski-plaisir-dans-les-couloirs-du-sud/

Loin des métropoles nord-alpines et des classiques de Belledonne ou des Aravis tracées plus vite que ne tombe la neige, les Alpes du Sud regorgent encore d’itinéraires confidentiels, particulièrement dans les massifs périphériques du Dévoluy, du Queyras ou de l’Ubaye. 
Cet article présente une sélection toute personnelle de couloirs dans les Alpes du Sud - hors massif du Pelvoux - itinéraires choisis pour leur esthétisme et sauvagerie mais aussi accessibilité : la dénivelée totale associée et la pente n’excédant pas respectivement 1300 mètres et 45° sur de très courtes sections. Ce sont toutes des lignes bien skiantes à la découverte d’une superbe géologie, peu ou pas fréquentées et qui méritent donc un coup de projecteur dans leur anonymat actuel. 

C’en en promenant l’été sur les sentiers et falaises et en explorant sur les écrans cartes, vues aériennes et autres photos que j’ai eu envie de découvrir ces joyaux plus ou moins cachés ; le plaisir est d’ailleurs tant dans la découverte sur le terrain les yeux écarquillés loin des « pistes battues » que dans la recherche par elle-même, et la joie de dessiner mentalement son itinéraire et d’imaginer ce qu’il laissera admirer.

Les couloirs de neige s’apprécient d’ailleurs mieux confidentiels entre « happy few ». Leur étroitesse s’accommode mal de nombreuses traces : une poignée ou même un zeste de skieurs peuvent suffire à ravager un couloir, vite troué de traces de chaussures et zébré de traces de carres.  
Nonobstant ce bémol lié à la fréquentation, le ski de couloir est peut-être ce que je préfère dans le ski de randonnée, avec les pentes parfois raides et l’ambiance mi-rocheuse mi-neigeuse qui place l’activité aux confins du ski et de l’alpinisme, mais aussi de l’escalade si près du rocher, voire du canyonisme avec les encaissements et les jeux de lumières qui vont avec. La neige sublime ces itinéraires souvent ingrats voire dangereux en conditions estivales, et il est infiniment plus agréable, sûr et rapide de parcourir ces couloirs en neige à skis qu’en caillasse à pieds !

Il m’importe de démystifier le ski de couloir : par bonnes conditions (neige meuble et stable) la descente est facile et sans risques, les éventuelles chutes s’enraient de suite et n’auront d’autre conséquence qu’un cratère disgracieux dans la neige. Nul besoin d’être un free-rideur de l’extrême et d’enchaîner tout-droits et saltos en descendant ces belles lignes : un peu de mollets et de cuisse, quelques picots en métal sous les chaussures et au bout d’un bâton et une maîtrise du virage sauté suffiront pour en profiter, sans la peur mais avec le plaisir. La descente pourra toujours se faire dans la pire des neiges en virages sautés, beaucoup moins élégants mais aussi beaucoup plus faciles que du carving ou de la godille ! Le ski de couloir, en tout cas dans la cotation 4 comme tous les itinéraires présentés dans cet article, est à la portée de beaucoup, et pas qu’aux fous du piquet et/ou collants-pipettes, bien loin de l’escalade où haut niveau rime avec esclavage à la résine et aux poutres. 
Par contre il importe de bien pratiquer… la distanciation sociale à la descente dans ces espaces … confinés ! Point de paranoïa sanitaire, le skieur aval devra juste veiller à se mettre hors de trajectoire d’une éventuelle chute du skieur amont lors de ses pauses dans le couloir.

Les itinéraires seront décrits de l’ouest vers l’est, soit du Dévoluy vers l’Ubaye en passant par le Queyras. On y évolue dans une grande diversité de rocher, du calcaire blanc du Dévoluy à la cargneule hérissée d’aiguilles du col de l’Izoard, du bonheur autant pour le skieur que le géologue ou le simple esthète…

Les Dolomites de la Jarjatte

On commence ce tour des couloirs à la frontière des Alpes du Nord, dans le massif occidental du Dévoluy. Le cirque de la Jarjatte sis au-dessus du village éponyme offre une ambiance Dolomites avec sa demi-couronne crénelée de sommets calcaires, de la Tête de Vachères à celle de Garnesier, le tout à quelques dizaines de kilomètres de Gap et de Grenoble, mais sans la foule des Dolomites. C’est un petit coin des Préalpes calcaires relativement méconnu et préservé, seuls les téléskis de la petite station de la Jarjatte équipant les flancs de ces montagnes. Les deux couloirs proposés s’atteignent justement depuis la station ; ils offrent des lignes sauvages dans une géologie insolite et esthétique, entre des dalles relevées de calcaire blanc. 
Le couloir nord de l’épaule nord du Roc de Garnesier (… ouf !), trop fin pour être discernable sur la carte IGN, invisible du village et des sommets environnants, débouchant sur un collu suspendu et non pas un sommet, reste d’ailleurs à ma connaissance oublié de presque tous les topos papier ou Internet. 
Il s’accède pourtant vite et facilement depuis la station, et offre une ambiance exceptionnelle par son encaissement. Suivant la taille du portefeuille et de l’entraînement, on pourra utiliser soit les téléskis soit les mollets pour rejoindre le haut de la station. Une courte approche dans les épicéas amène à l’entrée de la ligne sous une forêt d’aiguilles de calcaire. On remonte alors un couloir rectiligne dont les parois déversantes se resserrent, jusqu’à presque se fermer à mi-hauteur. Passée cette simili-arche naturelle, le couloir s’élargit entre une lame de calcaire lisse et blanc à droite et une haute paroi à gauche, avec des jeux de lumière qui rappellent ceux des canyons, une ambiance splendide qui se prolonge à la sortie du couloir sur une selle neigeuse suspendue en face ouest du Roc de Garnesier, face au Vercors et au-dessus d’un impressionnant gendarme de calcaire.
Pour les stakhanovistes du virage sauté, ce couloir peut s’enchaîner avec le couloir ouest de l’Aiguille, moins raide et moins long mais aussi esthétique, avec sa ligne droite de neige tracée entre des murs de calcaire parfaitement lisse.


Les couloirs de la Casse Déserte
Les cyclistes connaissent bien la Casse Déserte, ces grands éboulis parsemés d’aiguilles versant sud du col de l’Izoard, qu’ils ont tout loisir d’observer durant leurs derniers kilomètres de souffrances ! Hormis les skieurs de fond qui remontent la route fermée, les montagnards connaissent curieusement beaucoup moins ce secteur : le rocher pourr… euh fracturé des lieux n’incite pas à s’aventurer près de ces chicots rongés par le gel et la pluie, et d’ailleurs entourés d’éboulis qui en disent long sur leur solidité. Ni randonneurs ni grimpeurs, et au final personne l’été entre ces monolithes de cargneule, pourtant tout près de la Casse pas si Déserte peuplée de touristes et d’engins motorisés d’autant plus bruyants qu’ils ont moins de roues. L’hiver est en fait de loin la meilleure saison pour excursionner dans ce décor presque fantasmagorique de falaises compactes de cargneule jaunâtre et d’aiguilles de conglomérat dressées telles des pénitents, dont le gel atténue pour quelques mois la fragilité.
Cerise sur le gâteau glacé, des couloirs dessinés pour le ski, invisibles du bas, s’insinuent entre ces aiguilles de cargneule, en sortant sur d’étroites crêtes neigeuses, au milieu de forêts d’aiguilles coiffées de chapeaux de neige. On pense à du land art revisité par Gaudi, une Sagrada Familia de l’ouest-Queyras, une armée de pénitents gelés pour les hauts-alpins, ou à des hoodoos made in France pour les amateurs de l’Ouest américain. Ces couloirs jamais très raides peuvent s’enchaîner à loisir tant que la montre et les jambes le permettent, et il vous sera aussi difficile de vous résoudre à la dernière descente que de renoncer à votre doudou quelques décennies plus tôt !


Le calcaire de l’Ubaye
La haute Ubaye est un petit paradis du ski de couloirs ; on y trouve d’ailleurs de nombreuses et belles lignes dûment topographiées et relativement classiques, même si l’éloignement de ce massif le préserve de la sur-fréquentation. Je vais décrire ici deux couloirs aussi confidentiels qu’insolites dans les deux principales vallées de l’Ubaye : le couloir sud-est de la conque de Panestrel perché loin au-dessus de l’Ubaye et, afin que rime se fasse, le couloir sud de l’arête de la Portiolette au-dessus de l’Ubayette.
Mon premier s’atteint par un itinéraire tournant au départ du vallon des Houerts, délicat en partie basse dans une forêt raide et dense puis remontant les longs faux-plats du vallon des Houerts sous les grandes falaises du Sommet Rouge, avant de bifurquer à droite vers le vallon suspendu de la Conque de Panestrel. Après ces longs préliminaires, on peut enfin se projeter dans la gorge profonde ([sic]) du couloir entre les dalles redressées de marbre et de calcaire. Le couloir plonge depuis le point 3018 vers les méandres du torrent des Houerts 700 mètres plus bas. On y skie au milieu de pinacles gris et beiges parfois dressés en feuillets verticaux dans une géologie aussi insolite qu'esthétique. C’est beau et long, jamais très raide ni étroit, de quoi avoir des étoiles dans les yeux en plus de l’acide lactique dans les cuisses !
La courte remontée au col du Sanglier, bien mal-nommé en l'occurrence puisqu'il permet d'éviter la bartasse du bas du vallon des Houerts, permet de basculer sur le vallon de Panestrel plus skiant que celui des Houerts, particulièrement si l’on prend le grand couloir ouest situé juste au sud du point coté 2385.

Le couloir sud de droite de l’arête de la Portiolette, dit aussi « couloir des aiguilles » est d’approche plus commode au-dessus de l’Ubayette : un long vallon certes, mais beaucoup moins que les Houerts, pour parvenir sous la grande face sud de l’arête de la Portiolette, striée de différents couloirs dont celui de gauche (en montant) est sans doute le plus beau. Il se glisse entre les tours et les feuillets verticaux de calcaire, l’un de ces minarets de calcaire rive gauche prenant même la forme d’un clocher à bulbe, quand esthétisme rime avec syncrétisme ! Un pèlerinage en crampons et à skis s’impose dans ces cathédrales de calcaire relativement faciles d’accès et dont l’approche ne relève donc pas du chemin de croix…


Période    
Ces itinéraires peuvent s’envisager par enneigement stabilisé, couramment donc dès les chutes de neige permettant d’aplanir les couloirs et d’éviter les requins, mais pas trop tard en saison pour éviter les goulottes, donc quelque part entre décembre et fin avril, à affiner suivant l’altitude et l’orientation des itinéraires. A noter que les calcaires et cargneules déliquescents dominant respectivement les itinéraires décrits dans le Dévoluy et le Queyras ont une fâcheuse tendance à s’ébouler par redoux et dégel, si bien que ces parcours sont à privilégier par températures froides et pas trop longtemps après les dernières chutes de neige. Autant dire que les meilleures conditions ne se rencontrent pas si souvent ; il faudra donc être à l’affût des bulletins nivo-météorologiques et faire preuve d’opportunisme.

Matériel
Ici encore plus qu’ailleurs le port du masq… euh du casque est obligatoire, il protégera votre tête – sûrement bien faite mais en tout mal renforcée - des chutes de pierres et des chutes… tout court, sur neige dure et/ou caillou. Indépendamment du matériel habituel de sécurité, crampons et un piolet devront décorer le sac mais également les chaussures et la main dès que l’état de la neige l’exige.


Cartes
Les cartes IGN/Top 25 des massifs concernés et/ou Iphigénie par exemple pour les geeks qui ne jurent que par le 0 papier.

17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 09:54

Le 14 avril 2021

Retour au vallon du Saut pour une séance de couennes méridienne, au menu du déjeuner des voies faciles ou moins dans le secteur d’initiation de la « dalle grise » sur les voies « équinoxe », « ADN », « poltron minet » et « passagers de la pluie ».

le vallon du Saut, ses chèvres du Rove semi-sauvages et ses aiguilles de calcaire éparpillées dans la pinède
le vallon du Saut, ses chèvres du Rove semi-sauvages et ses aiguilles de calcaire éparpillées dans la pinède

le vallon du Saut, ses chèvres du Rove semi-sauvages et ses aiguilles de calcaire éparpillées dans la pinède

sur la dalle grise
sur la dalle grise
sur la dalle grise

sur la dalle grise

11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 17:07

Le 11 avril 2021

Itinéraire : la Montade – vallon de Mauvelle – Caban – vallon du Pilon du Roi jusqu’au point coté 390 – branche est du vallon du Pilon du Roi via le point coté 428 – sommet coté 618 – crête sud-ouest – Jas de Mimet –Puits de Besson – piste rive gauche du vallon de Mauvelle – la Montade

Balade versant sud du Pilon du Roi, à la découverte de trois sentiers encore inédits pour moi. Celui du fond du vallon aval de Mauvelle remonte ce long thalweg parfois encaissé et franchit d’ailleurs quelques marmites juste en amont de la confluence des deux branches principales, dont une haute et polie par le torrent se remonte avec une échelle métallique.
Une sente a récemment été tracée dans la branche orientale du vallon du Pilon du Roi, entre le point coté 390 et le collu 550 au nord-est sous la ligne à haute tension ; c’est beau et particulièrement sauvage dans un vallon isolé couvert d’une véritable jungle méditerranéenne, merci donc aux défricheurs qui ont ouvert et cairné ce sentier. On progresse, parfois dans des tunnels taillés dans la végétation, entre les boules et aiguilles de dolomie caractéristiques du versant sud de l’Etoile, sous les sommets noyés ce jour dans les nuages, dans une ambiance montagne et sauvage comme rarement autour de Marseille ! 
On rejoint alors par un sentier bien traçé et balisé de rouge ou de bleu le sommet coté 618 avant de descendre sa crête sud-ouest, son chaos dolomitique et ses vues panoramiques sur l’agglomération marseillaise.
Au-delà de l’assonance, une belle combinaison de vallons sauvages qui valent pour leur géologie et leur panorama, décidément un massif injustement oublié des randonneurs que celui de l’Etoile !

 

fleurs à poils et bête à poil(s)
fleurs à poils et bête à poil(s)
fleurs à poils et bête à poil(s)

fleurs à poils et bête à poil(s)

dans les marmites du vallon de Mauvelle
dans les marmites du vallon de Mauvelle

dans les marmites du vallon de Mauvelle

le relief dolomitique de la branche est du vallon du Pilon du Roi
le relief dolomitique de la branche est du vallon du Pilon du Roi
le relief dolomitique de la branche est du vallon du Pilon du Roi
le relief dolomitique de la branche est du vallon du Pilon du Roi
le relief dolomitique de la branche est du vallon du Pilon du Roi

le relief dolomitique de la branche est du vallon du Pilon du Roi

sur la crête du sommet coté 618, vue sur Marseille et formations rocheuses
sur la crête du sommet coté 618, vue sur Marseille et formations rocheuses
sur la crête du sommet coté 618, vue sur Marseille et formations rocheuses
sur la crête du sommet coté 618, vue sur Marseille et formations rocheuses

sur la crête du sommet coté 618, vue sur Marseille et formations rocheuses

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