AGORAMANIA : des grands espaces de Provence à la wilderness d'ailleurs
Des +6400 m de Bolivie aux -400 m de Jordanie, des monastères perchés des Météores aux églises troglodytes d'Abyssinie, des mosquées d'Ispahan aux dômes nervurés de Samarcande, du sable blanc du Nouveau-Mexique aux pitons gréseux du Hoggar...
Randonnées vers la caldera de Taburiente, l’ancien cratère effondré sur un côté qui constitue les restes de l’ancien volcan, culminant désormais au Roque de los Muchachos à plus de 2400 mètres. On y trouvera d’ailleurs de la neige fraîche le 30 décembre, en continu sur les versants froids dès 2000 mètres, à une altitude donc plus basse que la limite des chutes de neige au même moment sur les Alpes par 17° de latitude nord supplémentaire !
Cette immense caldeira offre de superbes paysages avec sa couronne de ravins de plus de 1000 mètres de haut et sa géologie volcanique, lignes et lames de dykes, gendarmes et aiguilles de basalte, couches jaune ou rouge de tuf volcanique. Les observatoires astronomiques aux allures de boules blanches ou de panneaux couverts de miroirs et la végétation endémique des lieux tel le curieux adenocarpus viscosus ou la vipérine (pas en fleurs à Noël) ajoutent à l’aspect lunaire des sommets, alors que sous les immenses barrancos qui descendent des crêtes de la caldeira on trouve de grandes pinèdes exclusivement constituées de pin canarien, notamment près des miradors de Los Roques et de la Cumbrecita.
le 30 : vue depuis les miradors de Los Roques et de la Cumbrecita sur le Punta de los Roques et la caldeira
le 30 : les observatoires astronomiques sous la neige et un exemplaire d'adenocarpus viscosus
le 31 : grand corbeau des Canaries près des couches de tuf multicolore
le 31 : vues sur la caldeira depuis la randonnée des crêtes et le Pico de la Cruz, dans une atmosphère brouillée par la calima
le 31 : vues de détail de la flore d'altitude, vipérine et adenocarpus viscosus
Les 28, 29, 30, 31 décembre 2022 et 1er janvier 2023
Randonnées sur les rares plages des côtes de La Palma, le plus souvent faites de hautes falaises volcaniques, la route qui fait le tour de l’île étant d’ailleurs située le plus souvent à plusieurs centaines de mètres d’altitude. De vieux sentiers muletiers permettent dans de rares points de faiblesse d’atteindre le trait de côte au milieu de la belle flore endémique des lieux : euphorbes aux allures de cactus saguaro et dragonniers en particulier.
L’océan agité ne permettra pas souvent la baignade hormis près de la piscine d’eau de mer de Charco Azul, mais on profitera tout de même d’une belle ambiance sur ces sentiers du vertige tracés à flanc de falaises sous les orgues basaltiques et les couches de tuf volcanique multicolores, mention spéciale pour la superbe crique aux maisons troglodytes de Candelaria.
les 28 et 31 décembre et 1er janvier : les bassins naturels aménagés de Charco Azul
la monoculture de l'île : la banane !
le 28 : sur le sentier d'accès à la Playa Nogales
le 28 : la Cueva del Infierno au bord du sentier
le 28 : le sable noir de la Playa Nogales sous les falaises volcaniques
le 29 : sur le sentier d'accès à la Cueva de Candelaria
le 29 : le hameau troglodyte de Poris de Candelaria au fond de l'anse éponyme
le 30 : sur le sentier d'accès taillé dans la falaise à Playa de la Veta
le 1er janvier : les piscines naturelles de la Fajana bien protégées (pour certaines...) de la houle de nord
N-ième retour en Macaronésie et plus particulièrement aux îles Canaries – cette fois-ci sur l’île de La Palma – toujours un plaisir dans cet archipel volcanique qui permet dans la même journée de randonner sur les neiges sommitales des caldeiras puis de plonger dans des eaux tièdes au milieu des poissons perroquets !
En cette première journée au ciel brouillé par le calima (vent d’est qui apporte des poussières depuis le Sahara) on ira randonner au Cubo de la Galga dans la forêt humide de basse altitude des versants nord-est, une impressionnante laurisylve subtropicale où le sentier se fraie un chemin à flanc de ravines ou sous les fougères géantes.
Itinéraire : col de l'Homme Mort - l'Agache - plaine de Beaumont - le Thubet - la Palancline - tombereau du vallat de Gréasque - le Puits Lhuillier - les Planes - GR de pays sentier Provence mines d'énergie - Montaudriou - col de l'Homme Mort
Petite virée en VTT sur les hauteurs de Gréasque, en suivant le parcours « tombereau de Gréasque » du site suivant, une belle sélection d’itinéraires VTT autour de Marseille : https://www.vttdugarlaban.com/le-regagnas/
Celui-ci s’avèrera pour une fois un peu décevant, trop de sections sur pistes DFCI et un certain manque d’ampleur pour les quelques descentes sur monotraces, mais aura au moins permis de découvrir le joli Vallat de Gréasque – aujourd’hui à sec – et son fond de ravin bucolique.
Voie "les deux ânes", équipé (quelques friends petits à moyens utiles pour la première longueur), 3 longueurs, 5c+ max
cotations historiques 3/4b/5c, à mon sens plutôt 5a/5c(1pas)/5c+ (soutenu)
puis liaison par les rappels de la grotte de l'ermite
voie "l'arête de la cordée", équipé, 4 longueurs, 5b (1 pas)/5c+/5b/4c
Journée d'escalade autour du rocher Saint-Michel, sur sa face sud-est puis son arête ouest, par 2 voies "historiques" ouvertes il y a près d'un siècle mais à la destinée bien différente : la première - la voie des deux ânes - restée confidentielle malgré ses cotations accessibles, mais sans la très belle vue de la seconde - l'arête de la cordée, celle-ci étant qui plus est d'approche plus courte, parmi les plus parcourues des calanques. Au final on ne trouve pas de trace de patine dans la première alors que la seconde présente quelques courts passages lustrés par des décennies de grimpeurs, notamment le ressaut de la fin de L2 qui constitue sans doute le crux de la voie.
La voie des deux ânes ne démérite pourtant pas avec son beau caillou bicolore de calcaire et d'aragonite, et sa magnifique troisième longueur en dièdre raide et soutenu, même s'il est vrai que l'ambiance et la vue de la troisième longueur de l'arête de la cordée avec sa dalle à gouttes d'eau suspendue valent bien un n-ième parcours, toujours un plaisir de faire découvrir cette classique méritée !
la grotte du déserteur près du départ de la voie des deux ânes
L1 de la voie des deux ânes entre calcaire et aragonite
la belle L3 de la voie des deux ânes, toujours entre calcaire et aragonite
sur le plateau sommital du rocher Saint-Michel
dans le rappel de la grotte de l'ermite
L1 de l'arête de la cordée
L2
la belle dalle de L3
lumières crépusculaires vers la Tête du Trou du Chat
voie "le retour d'Ulysse" à l'Eissadon, 4 longueurs, terrain d'aventures, 6c max (6a+ obligé)
A mon sens 6a/6a+/6c (1pas)/6a+ (1 pas)
Retour sur la falaise de l'Eissadon pour une voie en terrain d'avetures, "le retour d'Ulysse", proche du "sourire de Pénélope". Après une approche un peu ingrate sur des rappels obliques dans la garrigue on profite d'une escalade aussi variée que son rocher : dièdre à rondeurs oulesques en rocher marron et blanc dans L1 et la première moitié de L2, dalle blanche à gouttes d'eau dans L3, cheminée déversante dans L4... de quoi utiliser toute la gamme d'un grimpeur de calcaire... et de son jeu de friends. A noter un relais insolite dan sun niche au sommet de L1 et de beaux passages d'escalade - surtout dans les 2 premières longueurs - avec une grimpe soutenue dans le 6a/b à protéger presqu'intégralement nonobstant quelques pitons et lunules à demeure, marge nécessaire donc pour le grimpeur de tête !
dans les rappels du collet
L1 en mur puis fissure
vue du relais sommital de L1, L2 en fissure déversante
au sommet, crépuscule pendant le rangement des coinceurs
Itinéraire : le Pont - Coustias - cabane de l'Ubac - la Selle - point coté 2154 - cabane de Clot Saint-Jean - cabane de Tramouillon - Coustias - le Pont
Sommet : 2550 m
Dénivelée : 1150 m (1400 - 2550 - 1400)
Difficulté : 3.1
Après la sortie dans l’ouest Ubaye de la veille, retour dans les Ecrins, bien mieux servis en neige, tant qualitativement avec une limite pluie-neige restée sous les 1500 mètres que quantitativement avec une épaisseur de fraîche 2 fois supérieure ici à l’ouest de la Durance, sans doute plus de 50 cm de poudreuse encore légère au-dessus de 2000 mètres.
On en profitera donc dans une randonnée classique par conditions nivologiques délicates au-dessus du hameau du Ponteil, sur les contreforts est de la Tête de Vautisse, vers la crête de la Selle au-dessus de la cabane de Tramouillon. La forêt fraîchement décorée de blanc rend les kilomètres d’approche sur piste forestière plus courts, avant la montée finale dans le mélézin clairsemé et le stop à 2500 mètres sous une pente nord raide et chargée dont des blocs d’avalanches déjà parties rappellent l’instabilité.
La descente se fera dans des conditions rares, encore plus en début de saison (sans doute des conditions inédites depuis 2018 ici), du départ à la cabane de Clot Saint-Jean : un mélézin noyé sous la poudreuse légère qui lisse tous les reliefs, des souches aux jeunes pousses, une ambiance presque japonaise ou canadienne au ski facile et ludique. Dommage seulement que le voile nuageux épais ait produit une lumière aussi terne ; les photos ne rendent pas justice au plaisir à skier la forêt gavée de fraîche !
vers la Selle, arrêt sous la pente nord du point coté 2608, raide et déjà partiellement partie en plaque
grosse poudreuse (environ 50 cm) dans le mélézin gavé de neige, ambiance canadienne
vers la cabane du Clot Saint-Jean
éclaircie au-dessus de la cabane de Tramouillon, sous la crête de Gaulent
Itinéraire : Vars Sainte-Catherine - le Serre - les Oliviers - le Serre - point coté 2514 sur l'arête ouest de la pointe de Pastourlet - le Serre - Vars Sainte-Catherine
Première virée en ski de randonnée de la saison 2022-2023, juste après une saison exceptionnelle pour la pauvreté de son enneigement dans les Alpes du Sud et concomitamment de son nombre de sorties.
Les bonnes chutes de neige de la semaine permettront d’inaugurer la saison d’une belle façon, même si ici la pluie et le soleil auront croûté le manteau jusqu’à près de 2100 m. Plus haut c’est une belle couche de poudreuse, jusqu’à 30 cm, parfois posée à même le sol, notamment près de la crête sommitale soufflée, dont seuls les chamois et nous profiterons ce jour, les autres bipèdes semblant pratiquer le sport devant leur télévision. Par contre les très nombreux et parfois forts « whouffs » entendus toute la journée témoigneront d’une rare instabilité du manteau neigeux dans toutes les pentes un tant soit peu raides…
Une très belle journée passée à calligraphier dans la poudreuse, lignes brisées à la montée et sinusoïdes à la descente, le tout sublimé en haut de la dernière descente par les lumières vespérales.
première montée sur croûte puis poudre
les seules traces de la journée hormis les nôtres
première descente
seconde montée
seconde descente sous les lumières pré-crépusculaires
Ci-dessous une sélection de mes sorties nature préférées sur la côte bleue, décidément un très beau coing pour les sports de plein air, qui plus est beaucoup moins connu et fréquenté que les calanques de Marseille. Des arches marines aux sources chaudes, des tombants de gorgones aux dalles cannelées ou fissurées, de quoi plonger, se baigner, grimper, kayaker, randonner, courir ou rouler en toute saison et à proximité, dans des paysages aussi variés qu’esthétiques, particulièrement dans la portion la mieux préservée de la côte bleue entre Ensuès et l’Estaque.
Randonnée du vertige
Sur cette côte rocheuse accidentée on trouve quelques itinéraires à la frontière de la randonnée et de l'escalade, notamment une belle et ludique traversée de la Madrague de Gignac à la calanque des eaux salées à travers des tunnels naturels horizontaux ou verticaux :
Kayak de mer
Le littoral de la côte bleue se prête parfaitement au kayak, une côte rocheuse accidentée mais qui offre de nombreux abris sous la forme de ports ou de plages, une géologie rarement variée de calcaires, grès et conglomérats, et des passages ludiques par des grottes marines (celle de Méjean par exemple), arches traversantes (les grottes aux hirondelles de la Madrague de Gignac), îlots (l’Erevine, la Grande Mona…) ou labyrinthe de blocs (les Pierres Tombées juste à l’est de la calanque de Figuerolles). Ci-dessous quelques images d’un des plus beaux parcours, de la Madrague de Gignac à la Grande Mona : http://deprovenceetdailleurs.net/2022/07/kayak-au-torpilleur-de-la-cote-bleue.html
VTT
Là aussi le cycliste en VTT trouvera de très nombreux monotraces plus ou moins exigeants mais toujours esthétiques, les plus beaux se trouvant à mon sens vers le fort de Figuerolles, où un antique sentier muletier en balcon vient succéder à un parcours de crêtes panoramique : http://deprovenceetdailleurs.net/2021/05/vtt-sur-la-cote-bleue.html
Plongée apnée
Sous l’eau la côte bleue n’est pas avare en spots adaptées à la plongée en masque et tuba, par exemple vers le rocher du Moulon et son exceptionnel tombant de gorgones dès quelques décimètres sous la surface : http://deprovenceetdailleurs.net/2020/09/entre-erevine-et-moulon.html
Deep water solo
Petite transition vers le « deep water solo », l’escalade sans corde juste au-dessus de l’eau, activité dont à mon sens le rocher du Moulon constitue le meilleur site de pratique avec son large et haut mur de conglomérat déversant au-dessus d’eaux profondes, gros biscotos et gros mental de rigueur pour dépasser les 5 mètres de hauteur : http://deprovenceetdailleurs.net/2021/07/bis-repetita.html http://deprovenceetdailleurs.net/2021/07/au-moulon.html
En saison froide et après les pluies on pourra viser des sources chaudes sous-marines (dont il importe de préserver la confidentialité et qui ne seront donc pas localisées sur ce site) qui peuvent amener localement l’eau de mer à des températures proches de 30°C : http://deprovenceetdailleurs.net/2022/01/dans-les-sources-chaudes.html