Les 18 et 19 juillet 2026
Itinéraire : refuge du Gioberney - les Prés du Lauzon - névés du torrent du Lauzon - Lac du Lauzon - Lac Bleu (bivouac) - névés des torrents de la Muande - refuge du Gioberney
Dénivelée : 700 m (1650-2200-2100-2200-2050-2100-1650)
Retour en randonnée dans le Valgaudemar au départ du Gioberney, sans doute ma vallée préférée du massif des Ecrins, dans la munificence d’un début d’été, où pelouses alpines vertes et fleuries, torrents en abondance, névés encore nombreux… et fruits sauvages à profusion (framboises et fraises dans la vallée, myrtilles plus haut… avec quelques semaines d’avance) donnent aux lieux un petit air de paradis alpestre. En ce week-end de beau temps, nombreux sont évidemment ceux qui en profitent, et on ne trouvera donc pas la solitude espérée près du Lac Bleu, pourtant présumé moins connu et fréquenté que le Lac du Lauzon. On ira bivouaquer à une centaine de mètres au sud du lac, sur un replat herbeux non moins confortable, avec en guise de spectacle de fin de journée la barrière est du Valgo, des Bans au Sirac, éclairée par le jeu des nuages, du soleil couchant et du hasard. La tente sera bienvenue pour se protéger des attaques des moustiques aussi nombreux que virulents, avant de retrouver le soleil au réveil, puis un Lac Bleu enfin privatif entre le départ des campeurs de la veille et l’arrivée des randonneurs du jour.
Le reste de la journée se passera sur et sous les gros névés des torrents de la Muande, avec encore des épaisseurs proches de 5 mètres dans ces restes d’avalanches, et sur les pelouses alpines à la cueillette des myrtilles déjà abondantes de cette mi-juillet. De beaux restes d’avalanches donc après pourtant un temps beaucoup plus sec et chaud que les normales climatiques depuis 3 mois et 3 canicules, et ce en raison d’un hiver particulièrement arrosé en janvier et février, avec quelques épisodes notables de crues avalancheuses.
Suite à un printemps sec, on trouve malgré ce coeur d'hiver arrosé un cumul d’accumulation dans les normales climatiques, comme le prouve le dernier bilan fait sur le Glacier Blanc. Les fortes chaleurs subies depuis plusieurs mois devraient conduite à une ablation proche des records, et donc à un bilan de masse très fortement négatif, peut-être moins qu’en 2022 dans cette vallée du Valgaudemar située à l’ouest des Ecrins et bien arrosée par la prévalence des flux d’ouest de l’hiver 2026 (comme le Dévoluy ou les Grandes Rousses également cette année). Ceci ne fera qu’amplifier les évolutions constatées depuis près de 20 ans lors de nombreuses sorties ski de rando, alpinisme, escalade ou randonnée sur place : recul de l’extrémité aval des glaciers, sensible par exemple pour Chabournéou, disparation de la quasi-totalité des séracs de la vallée (celui situé sous la brèche en V du Sirac, ceux de l’extrémité aval du glacier de Chabournéou…), les dernières exceptions étant constituées par la langue aval du glacier supérieur de la Condamine (même si en forte diminution) et ceux situés à l’extrémité aval du glacier des Rouies (bientôt invisibles du Gioberney).
le Lac Bleu et ses grenouilles rousses, calme entre le départ des bivouaqueurs et l'arrivée des randonneurs du jour
le glacier du Sirac, vu ce jour et en mai 2009, le bombement glaciaire du sérac sous la brèche en V a également disparu
le glacier du Chabournéou, vu ce jour et le 31 mai 2013, ce front de sérac à 2800 m a depuis complètement disparu







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