16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 18:21

Ci-dessous le liminaire de l’article paru dans le numéro 61 de Ski Rando Magazine (donc sans les topos), un peu de prose ampoulée et pas drôle !

https://www.skirandomag.com/vercors-la-barriere-est-de-pas-en-pas/

Du Vercors on connaît son plateau, son relief karstique, ses grottes, aménagées pour le tourisme ou non, bref tous les attributs d’un massif calcaire de moyenne montagne qu’on imagine parcouru surtout de skieurs nordiques et de spéléologues. Et pourtant l’extrémité orientale de ce massif présente une barrière de falaises exposée vers le levant longue d’une… trentaine de kilomètres, et fendue d’innombrables couloirs qui débouchent sur des Pas au toponyme typiquement… vertacomicorien (vous voilà enrichi d’un nouveau mot en mesure de vous faire briller en société alpine !). Une ceinture de parois qui peut rappeler - dans une version XXL - celle de Chartreuse un peu plus au nord, mais ici sans les problématiques de terrain privé et d’interdictions d’accès promulguées par un marquis plus porté sur la chasse que sur le ski de randonnée…

On trouve donc à travers cette barrière est une concentration de couloirs skiables parmi la plus importante des Alpes, et ce à quelques dizaines de kilomètres tout au plus au sud de la métropole grenobloise. Entre les grands piliers de calcaire, qui se gravissent par des grandes voies d’escalade justement classiques, se nichent donc de nombreuses « couennes » en ski de rando, des couloirs généralement courts qui peuvent se parcourir à la demi-journée, tous différents par leur ampleur et leur inclinaison, mais semblables par leur orientation générale à l’est et leur faible altitude, qui réserve leur parcours à l’hiver. On ne sera donc pas surpris d’y croiser des ingénieurs de la tech grenobloise en goguette en after ou plutôt before work.

Plutôt le matin, car seuls les lève-tôt partis avant l’aurore profiteront dans ces versants est des couleurs de l’aube, des grandes parois sommitales qui rosissent, puis de l’éclairage qui descend peu à peu lécher les sapinières, s’immiscer entre les branches jusqu’à atteindre vos lunettes de soleil. Ces délicats jeux de lumière vous feront sans doute sacrifier vos velléités de battre votre record de vitesse verticale, mieux vaut garder de belles images sur le capteur et dans le cervelet que de l’acide lactique dans les mollets…

Toutes ces courses gardent la même typologie : départ sur des pistes à travers champs puis forêts ; dès la tree line franchie on profite de terrains plus ouverts sous la forme de grandes pentes puis de couloirs, la difficulté consistant donc à s’orienter sans visibilité dans la forêt, votre salut pouvant se trouver dans votre application de géolocalisation, les traces de vos prédécesseurs… ou votre bonne vieille boussole. Vous trouverez dans la partie supérieure des itinéraires un terrain de jeux plus alpin que l’altitude généralement inférieure à 2000 mètres pourrait le laisser penser, des couloirs souvent tortueux et étroits entre de hautes parois de rocher gris. Dans ce crescendo de pentes aux allures dolomitiques, de difficulté et de beauté, des champs et pistes forestières du bas aux étroits couloirs enserrés entre les parois calcaires du haut, « qui va piano va sano » : n’oubliez pas de garder du souffle en haut de la montée pour mieux l’avoir coupé par la beauté des couloirs !

Je vais donc décrire ici une sélection de couloirs fichés dans cette barrière est, parmi ceux que j’ai déjà eu la chance de parcourir, du sud vers le nord, des Rochers du Parquet aux Arêtes du Gerbier, une sélection très loin de l’exhaustivité vu la générosité est-vertacomicorienne en matière de couloirs. Cet échantillon se limite à des courses de niveau 4.X, des couloirs donc low cost, pas trop raides (jamais plus de 45°, et encore sur de courtes portions), pas trop longs, d’approche rapide, sans excès d’adrénaline et d’acide lactique, mais pas low quality, des couloirs tous « faciles » mais éminemment esthétiques. A savoir que certains des couloirs de la barrière est n’ont été skiés pour la première fois que fort récemment, que peut-être d’autres attendent encore de l’être, comme quoi la proximité de la capitale des Alpes n’interdit pas de laisser planer en ces lieux un petit parfum d’aventure.

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