14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 21:35

Le 14 décembre 2025

Itinéraire : virage 1517 sous Clot Jarry - forêt de Clot Jarry - chapelle des Séyères - Mont Guillaume par sa face est - combe nord du Mont Guillaume jusqu'au point coté 2224 - col de Trempa-Latz - arête sud de l'Arpion - point coté 2671 - lac de l'Hivernet - l'Aiguille - virage 1517 sous Clot Jarry

Difficulté : 3.1

Dénivelée : 1500 m (1500-2550-2200-2650-1500)

Première sortie de ski de randonnée de la saison 2025-2026, dans les Ecrins, massif le mieux ou plutôt le moins mal enneigé actuellement. Pas beaucoup de neige certes, mais de la bonne poudreuse ce jour en versants froids au-dessus de 1800 m, tant que le soleil et la douceur de moins en moins inhabituelle de cette mi-décembre n’ont pas croûté la dernière couche tombée il y a 10 jours. 
On profitera donc de belles conditions de ski dans la plus grande partie des deux descentes du jour, et même d’un ski pas si mauvais sur les pistes forestières du bas, où l’épaisseur de neige se mesure pourtant en chiffre et non pas en nombre. A noter également la solitude absolue du jour malgré la fin du créneau de beau temps, de quoi admirer en toute quiétude à la pause déjeuner le panorama sommital du Mont Guillaume sur le lac de Serre-Ponçon…

au sommet du Mont Guillaume (atteint 2h15 après le départ), vue panoramique sur le lac de Serre-Ponçon... et les entrées maritimes loin au sud

au sommet du Mont Guillaume (atteint 2h15 après le départ), vue panoramique sur le lac de Serre-Ponçon... et les entrées maritimes loin au sud

dans la combe nord du Mont Guillaume

dans la combe nord du Mont Guillaume

remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver
remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver
remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver
remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver
remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver
remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver

remontée sur l'arête sud de l'Arpion dans les belles lumières d'une fin d'après-midi d'hiver

poudreuse en versant nord-est
poudreuse en versant nord-est
poudreuse en versant nord-est
poudreuse en versant nord-est
poudreuse en versant nord-est

poudreuse en versant nord-est

crépuscule sur le Mont Orel

crépuscule sur le Mont Orel

18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 13:04

Ci-dessous le liminaire de l’article sur le ski en Haute-Ubaye paru dans le numéro 62 de décembre 2025 de Ski Rando Magazine :

https://www.skirandomag.com/numero62/

https://www.skirandomag.com/haute-ubaye-sur-les-3000-des-basses-alpes/

A vous qui préférez la poudre qu’on fait voler à la trafolée qui fait voler, la compagnie des chamois et autres quadrupèdes à celle des bipèdes en collectives de trente, à vous qui préférez partir de chalets en bois et lauzes plutôt que d’une barre de béton en studios all inclusive, à vous qui aimez le silence feutré du vent et de la neige, à vous qui aimez autant le ski carving dans les alpages que le ski sauting dans les couloirs, mettez le cap sur la Haute Ubaye, ce massif blotti dans un (re)coin des Alpes du Sud, à l’écart des grand flux touristiques et des stations de ski tentaculaires. Ici vous jouirez du (fatigant !) privilège de déflorer les cinquante cm du dernier retour d’est, loin des classiques des Aravis ou de Belledonne zébrées plus vite que ne tombent les flocons.
Ici, aux confins orientaux des Alpes de Haute-Provence, vous vous fondrez dans une montagne par endroits intemporelle, encore en séculaires hameaux de bois et de pierre, parmi patrimoine religieux, sous la forme d’églises classées du onzième siècle (celle de Maurin juste en aval de Maljasset par exemple), ou séculier sous la forme de forts ou batteries militaires du dix-neuvième, éparpillés à quelques kilomètres de la frontière italienne. Dans ces « Basses Alpes », ancienne appellation du département jusqu’en 1970, vous ne cocherez certes pas les ou plutôt LE (son antécime ouest a une prominence plutôt limitée…) 4000 du département voisin des « Hautes Alpes » juste au nord ; les glaciers se limiteront à des reliques (parmi les plus méridionales des Alpes tout de même) en versant nord des Aiguilles de Chambeyron, qui plus est en voie de transformation en glacier rocheux, mais vous profiterez d’une ambiance pré-méditerranéenne autour du culmen de la Haute-Provence : grandes pinèdes sous un ciel immuablement bleu par ces flux de nord-ouest qui enchaînent si souvent les skieurs savoyards sur leur canapé.
[…]

la Haute-Ubaye dans Ski Rando Magazine, sur les 3000 des Basses-Alpes
la Haute-Ubaye dans Ski Rando Magazine, sur les 3000 des Basses-Alpes
la Haute-Ubaye dans Ski Rando Magazine, sur les 3000 des Basses-Alpes
2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 09:55

Ci-dessous le texte (sans les topos...) de l'article "croisière dorée dans le Mercantour", ou les raids à ski de randonnée autour des lacs de Rabuons et de Vens en Haute-Tinée, paru dans le numéro 60 de Ski Rando Magazine :

Croisière dorée dans le Mercantour

Près de la Côte d’Azur et de sa faune fortunée et m’as-tu vu, des palais surdimensionnés de bord de mer, des V12 biturbo débridé jantes diamant, se trouvent une montagne restée à l’état sauvage, une faune plus farouche, de modestes abris blottis au bord des lacs d’altitude et le glissement des carres sur la neige en guide de crissements de pneus. Vous ne pouvez pas frimer en Ferrari (que vous n’avez pas encore) les cheveux au vent (que vous n’avez bientôt plus) sur les routes de la French Riviera, mais vous pouvez rejoindre ici en peaux une résidence secondaire au bord de l’eau, vue lac, puis, plus haut, votre Clapier, vue mer ! Plutôt que de dépenser son livret A en croisière sur la Côte, mieux vaut se dépenser à skis sur les côtes du nord du Mercantour, en croisière de lac en lac, en navigation la journée dans les combes et couloirs, en escale le soir dans les ports refuges de bord de lac, le tout sous le granite doré par le lichen caractéristique du massif.
Les cartes donnent à rêver dans ces montagnes de la Haute-Tinée d’innombrables vallons suspendus, cirques glaciaires et lacs d’altitude sertis de refuges, le tout sous des sommets titillant les 3000 mètres, loin des métropoles maralpines et de leurs stations de ski. Mais l’accès depuis la vallée de la Tinée s’avère bien ingrat de par des points de départ bas en fond de vallée et la remontée d’adrets raides et vite déneigés - s’ils daignent même s’enneiger, le tout garantissant un portage long et rendu encore plus pénible par le poids d’un sac de raid. Heureusement, votre salut de skieur et non pas de sherpa skis sur le dos se trouve de l’autre côté de la frontière italienne, là où de longs vallons exposés au nord permettent de profiter d’un enneigement plus conséquent et d’un portage restreint voire absent. Cet accès certes détourné mais commode permet de profiter d’une tranquillité seulement troublée par quelques inconscient.e.s qui ont osé braver la frontière, de vallons plus riches en quadrupèdes qu’en bipèdes, et de refuges … infiniment moins fréquentés qu’en été. Ceux de de Vens et de Rabuons, posés sur les rives des lacs éponymes, constituent autant de camps de base ou d’étapes facilitant la logistique pour des combinaisons à imaginer sur la carte, dont vous trouverez quelques échantillons en fin de cet article.

Dans un monde où l’effort physique devient plus l’exception que la règle, relier ces abris à la seule force de vos mollets permet de renouer avec son corps et de pleinement savourer cet effort choisi, consenti et même librement recherché, qui récompense tant les sens : la splendeur austère et virginale de la montagne hivernale, la glisse sur un substrat soyeux et pulvérulent et la paix fusionnelle ressentie dans cette nature pour une fois non anthropisée. En ville les trottinettes électriques vous épargnent la corvée de marche ;  en montagne les télé-bidules vous propulsent vous et vos skis en une poignée de minutes là où il en fallait auparavant plusieurs centaines ; au volant les boîtes automatiques et caméras de recul vous soulagent le bras droit et le cou ; à la maison les réseaux sociaux vous permettent de socialiser sans vous déplacer, et de vous rallier à un avis sans réfléchir ;  la domotique vous épargnera bientôt la lourde ([sic]) gestion de la maison, et bientôt l’Intelligence Artificielle pourra étendre au cerveau ce qui a déjà été mis en place pour nos muscles : du repos et du remplacement déshumanisant par la machine… Dommage pour le sentiment d’accomplissement qui va avec l’effort productif consenti mais pas le clic sur un clavier, mais il est encore temps de résister à ce nouveau monde déshumanisant façon « Wall-E » et à cette technologie envahissante façon dystopie : direction les chemins de traverse du ski de randonnée sur la rive gauche de la Haute-Tinée, où il vous faudra (encore) faire couler l’acide lactique dans vos jambes, faute de remontée mécanique ou de skis à propulsion électrique.
Vous pourrez ici jouer au ringard réactionnaire et vous retirer quelques jours hors de la civilisation, vous nourrir de soupes en poudre et de pâtes à cuisson rapide, mais surtout d'aubes et de crépuscules, de lacs aux rivages de neige fracturés de crevasses, de couloirs qui fendent les falaises de gneiss dorées de lichen, de bouquetins et chamois qui vous regardent de haut, de sommets qui flamboient au crépuscule pour laisser la scène à la voie lactée, au temps du skieur seulement rythmé par le soleil, la lumière et les températures.

C’est en avril 2017 que j’ai pu (enfin) poser mes skis sur ces sommets retirés de Haute-Tinée, après un guet nivo-météorologique de plusieurs saisons rendu nécessaire par la sécheresse de ce massif en l’absence de retour d’est. Durant cet hiver majoritairement anticyclonique et très sec sur la plupart des massifs alpins, c’est vers la frontière italienne qu’il faut (se re)tourner ses skis, et c’est donc tout naturellement que nous commençons la remontée du vallon de Forneris un samedi matin depuis le village de Primavera, situé à un peu plus de 1500 m une dizaine de kilomètres sous le col de Larche (appelé della Maddalena sitôt la frontière passée) côté italien. C’est une vallée peu inclinée et donc longue comme un jour sans pastas, mais qui permet avec des mollets d’Acier de rejoindre le Col du Fer, porte d’entrée frontalière et septentrionale vers les bassins supérieures des lacs de Vens, mais aussi de Ténibre ou de Rabuons… les citer tous ici vous donnerait la migraine ! Les Aiguilles de Tortisse permettent une belle escale avant la descente vers le refuge de Vens, avec leurs monolithes et arche de cargneule qui décorent l’alpage, des chicots de roche jaune et grise qu’il vaut mieux effleurer à skis que grimper à pieds. On peut ensuite rejoindre le refuge de Vens et, bardé de quelques kilos en moins - si l’envie s’en fait encore ressentir - partir léger mais un peu moins frais vers l’un des sommets ou des couloirs qui dominent le lac de Vens. Le couloir nord-ouest de la Cîme de Fourchas constitue l’un des objectifs envisageables à la demi-journée ou même au quart-de-journée : après seulement une petite heure de montée on se retrouve en haut d’une pente raide de 400 mètres de haut, dont la partie médiane encaissée entre des monolithes de gneiss couvert de lichens dorés offre une très belle ambiance. On retournera donc au refuge la tête pleine de belles images… et les tympans bientôt saturés d’accents chantants avec la surprise d’y trouver un groupe de … 25 ([sic]) skieurs du Club Alpin Italien !
Le lendemain, la foule du refuge sera oubliée sitôt sa porte fermée, et on retrouvera avec plaisir notre bulle solitaire de pensées dans la montée à la brèche Borgonio. Vu l’heure matinale, c’est une neige encore dure qui nous attend dans la descente vers les lacs de Ténibre, autres représentants de la constellation de lacs de haute altitude de la Haute Tinée. Le parcours en montagnes russes made in Italy se poursuivra dans la montée au Pas de la Lauze, toujours sans la moindre trace et la moindre rencontre, si ce n’est celle de la poudreuse vierge du versant nord. Il faut abuser des bonnes choses, et on agrémentera donc le parcours d’un aller-retour opportuniste dans un couloir nord situé sous le rocher de Vallonda, bonne pioche avec là encore de la poudreuse d’hiver presqu’incongrue par les températures pré-estivales. La suite de la descente dans le beau et long vallon supérieur de Ponte Bernardo se fera, sans transition croûtée ou cartonnée, dans une bonne neige de printemps et sur une légère couche de pollenta, doucement cuite en surface par le cuistot qui brille déjà haut dans le ciel. Tellement haut et chaud que la dernière remontée au col de Stau et ses 600 m de dénivelée se feront dans une neige pourrie jusqu’au sol, pas mieux pour la descente versant nord dans la combe du Pilone, passée à creuser des tranchées aussitôt noyées dans un substrat déliquescent et collant !
Au final et malgré cette dernière descente trop tardive, un beau week-end de sauvagitude entre lacs d’altitude et aiguilles de gneiss dorées de lichens, couloirs rocheux et larges cirques ensoleillés, un coin encore confidentiel où la trace reste à faire après une semaine de beau temps, et où l’on croise effectivement plus de quadrupèdes à cornes que de bipèdes à skis !

L’exploration de ces terra presque incognita du ski de randonnée se poursuivra dans le magnifique cirque de Rabuons en février 2020, avec des conditions nivo-météorologiques rappelant plus une fin de printemps qu’un cœur d’hiver. On skiera donc de la moquette à poils plus ou moins longs, parfois en tee-shirt, au-dessus de lacs en début de débâcle, du ski de printemps avant l’heure, mais tant mieux car, sans que nous ne le sachions encore, un virus venu de Chine et des laissez-passer limités à un rayon de 1 km nous empêcheront bientôt de profiter de la fin de saison… Comme trois ans plus tôt, l’accès au refuge se fera depuis le versant italien, loin en voiture, long à skis, mais qui a le mérite de proposer un parcours continûment enneigé, bien plus que le raide adret français sec jusqu’à près de 2500 mètres. 
Le refuge d'hiver de Rabuons s'avèrera bien confortable dans une ambiance sauvage (seulement 2 autres randonneurs le premier soir), mais douce (merci le poêle) voire douillette (duvets superflus pour qui n’est pas trop frileux). C’est un refuge qui date de plus d’un siècle, bien confortable pour autant avec ses panneaux solaires et son éclairage, un port d’escale bucolique au bord du lac éponyme, panoramique et bien positionné entre Corborant et Ténibre.
Malgré un enneigement pauvre et vieux (datant pour la presque totalité de novembre...) et des versants nord où le vent a remplacé la neige par de la pierraille, on fera du bon ski au soleil, loin des crêtes déneigées, entre 10h et 14h d'est en ouest ; la moquette vient à point à qui sait attendre… On skiera notamment de très belles lignes inconnues des topos papier ou digitaux : deux couloirs presque parallèles situés en face sud-est de la Tête de Lusernier, repérés depuis le pas d’Ischiator et qui tiendront toutes leurs promesses : des traits de neige dans les parois de gneiss compact hérissées de gendarmes qui offrent une magnifique ambiance entre rocher coloré d’or, lacs gelés sous les crampons et mer de nuages au-dessus de la Méditerranée visible au loin. Des couloirs assez raides pour être dotés de la belle ambiance rocheuse qui fait leur intérêt, mais pas trop pour ne pas transformer votre belle godille de magazine en un disgracieux dérapage les jambes saturées d’acide lactique et la tête d’adrénaline.

Comme digressé en préambule, il est toujours temps d’utiliser les jambes, bras et muscles dont la nature vous a dotés ,et non pas seulement l’index de clic auquel la modernité nous réduit, mais nul besoin pour autant de grimacer de peur et de douleur dans l’effort physique dévoyé par la course à la performance !

croisière dorée dans le Mercantour, le blabla intégral
18 mai 2025 7 18 /05 /mai /2025 19:45

Le 18 mai 2025

Itinéraire : Refuge de la Cayolle - Sommet des Garrets - Lac des Garrets - crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche - Brèche de la Tête du Lac - Lac du Lausson - point coté 2482 - collu au sud du Lac des Garrets - Sommet des Garrets - Refuge de la Cayolle

Dénivelée : 1350 m (2250-2800-2600-2700-2600-2750-2350-2500-2400-2800-2250)

Difficulté : 3.3

Après un bivouac sur herbe douillet mais frais au petit matin, avec un peu de givre sur tentes, second volet de ce week-end ski de randonnée autour du Col de la Cayolle, avec une grande boucle autour de la Crête du Lausson, du Sommet des Garrets à la Montagne de l’Avalanche, un parcours panoramique faisant visiter de nombreux vallons différents, certains décorés de lacs en cours de dégel.
Comme la veille les marmottes assureront le spectacle dans le bas de la montée au Sommet des Garrets, hésitant entre curiosité et peur à l’orée de leur tanière. Si la première descente versant ouest sur le Lac des Garrets se fera sur une neige encore dure (mais plaisante car parfaitement lisse) vu l’heure trop matinale, on profitera dans toutes les autres descentes de bonne neige de printemps, parfois un peu trop cuite comme sous la Brèche de la Tête du Lac ou sous le point coté 2482, ou, contre toute attente, parfaitement à point comme dans les pentes nord-est du Sommet des Garrets, un tapis encore soyeux à 14h. Du bon à très bon ski donc ce jour, sous une météo qui plus est idéale (grand beau temps sans cumulus et vent d’ouest retardant le décaillage), mais surtout des paysages beaux et variés où le printemps exhibe tous ses contrastes : combes suspendues plongeant sur des vallées verdoyantes, nombreux lacs en cours de dégel aux délicates nuances de blanc et de bleu, dont le grand Lac d’Allos en mosaïque de plaques de glace. Une saison riche également d’une vie animalière beaucoup plus discrète et moins visible en hiver, ce jour ayant été observés entre autres des dizaines de marmottes, mais aussi chamois et son éterlou, renard, et un grand rapace qui était sans doute un aigle royal…

en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière
en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière
en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière
en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière
en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière
en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière

en bas de la montée, marmotte curieuses... mais prêtes à se glisser dans leur tanière

dans la fin de la montée au Sommet des Garrets
dans la fin de la montée au Sommet des Garrets
dans la fin de la montée au Sommet des Garrets
dans la fin de la montée au Sommet des Garrets
dans la fin de la montée au Sommet des Garrets

dans la fin de la montée au Sommet des Garrets

descente vers le Lac des Garrets en début de dégel
descente vers le Lac des Garrets en début de dégel
descente vers le Lac des Garrets en début de dégel
descente vers le Lac des Garrets en début de dégel
descente vers le Lac des Garrets en début de dégel

descente vers le Lac des Garrets en début de dégel

sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos
sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos
sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos
sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos
sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos
sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos

sur la crête du Lausson à la Montagne de l'Avalanche, vues plongeantes vers le Lac d'Allos

descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche
descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche
descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche
descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche
descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche
descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche
descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche

descente de la combe suspendue est sous la Montagne de l'Avalanche

le long du Lac du Lausson

le long du Lac du Lausson

descente vers la combe des Fournès sous le point coté 2482

descente vers la combe des Fournès sous le point coté 2482

arrivée au Sommet des Garrets par ses pentes sud

arrivée au Sommet des Garrets par ses pentes sud

l'excellente moquette de 14h sous le Sommet des Garrets
l'excellente moquette de 14h sous le Sommet des Garrets
l'excellente moquette de 14h sous le Sommet des Garrets
l'excellente moquette de 14h sous le Sommet des Garrets

l'excellente moquette de 14h sous le Sommet des Garrets

les traces du jour à gauche, de la veille à droite

les traces du jour à gauche, de la veille à droite

18 mai 2025 7 18 /05 /mai /2025 19:42

Le 17 mai 2025

Itinéraire : Col de la Cayolle - couloir sud-est du Trou de l'Aigle débouchant au point coté 2857 - Col de la Cayolle - Tête de la Gipière - Col de la Cayolle

Dénivelée : 1200 m (2300-2850-2250-2650-2450-2650-2250-2300)

Difficulté : 4.1 pour le couloir sud-est du Trou de l'Aigle

Retour à skis vers le Col de la Cayolle, secteur de printemps encore jamais parcouru à l’exception d’une unique virée à skis vers le Mont Pelat en 2019. Les bonnes prévisions météo jointes à une relative fraîcheur, synonyme de bon regel nocturne et de dégel pas trop précoce, nous motiveront pour ces deux jours passés sur place de part et d’autre du col.
Après un départ matinal de Marseille on se dirigera vers le couloir sud-est du Trou de l’Aigle le samedi, après avoir observé de très nombreuses marmottes au passage, juste sorties d’hibernation et postées devant leur trou, de plus en plus minces à mesure que l’on s’élève et que la neige prime sur l’herbe… Le couloir offre quant à lui une belle ambiance rocheuse malgré sa brièveté et sa pente ne dépassant jamais 40°, la branche de gauche en montant parcourue ce jour s’avérant la seule encore skiable, mais ne permettant pas de traverser aisément vers le Lac du Trou de l’Aigle. On skiera donc le couloir en aller-retour, dans une neige pas trop ramollie malgré l’heure tardive.
Les nuages débordant du col par le sud nous inciteront à poser nos spatules de l’autre côté du col, dans les pentes ouest de la Tête de la Gipière, moins réchauffées que les pentes est, mais bientôt aussi sous les nuages comme partout ailleurs. On retiendra malgré tout de belles descentes en moquette jusqu’en milieu d’après-midi sur ce versant, la première tellement plaisante ayant même appelé une seconde !

en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes
en bas de la montée, cumulus et marmottes

en bas de la montée, cumulus et marmottes

vue (le lendemain) du couloir du jour à gauche (branche de droite en montant)

vue (le lendemain) du couloir du jour à gauche (branche de droite en montant)

montée en crampons dans le couloir
montée en crampons dans le couloir
montée en crampons dans le couloir
montée en crampons dans le couloir
montée en crampons dans le couloir
montée en crampons dans le couloir
montée en crampons dans le couloir

montée en crampons dans le couloir

descente du haut du couloir sous les tours rocheuses
descente du haut du couloir sous les tours rocheuses

descente du haut du couloir sous les tours rocheuses

les grandes pentes au-dessus de la route du col

les grandes pentes au-dessus de la route du col

en face sous la Tête de la Gipière
en face sous la Tête de la Gipière

en face sous la Tête de la Gipière

le soir, bivouac dans les champs fleuris
le soir, bivouac dans les champs fleuris
le soir, bivouac dans les champs fleuris

le soir, bivouac dans les champs fleuris

10 mai 2025 6 10 /05 /mai /2025 18:36

Le 10 mai 2025

Itinéraire : Pré de Madame Carle - Glacier Blanc - Col des Ecrins - Dôme de Neige des Ecrins en aller-retour
Sommet : 4000 m au Dôme de Neige des Ecrins
Dénivelée : 2200 m sur 25 km AR (1850-3350-3300-4000-1850), portage de 1850 m à 2250 m
Difficulté : 3.3, mais pente nord du Dôme très crevassée, grande vigilance de rigueur

Retour sur le Dôme de Neige des Ecrins, après une première virée en alpinisme… en 1995 (le Glacier Blanc arrivait alors encore sur le grand replat situé sous le refuge éponyme !), à skis en 2009, en alpinisme par la traversée de la Barre en 2010, puis à nouveau en skis en 2013 avec la trilogie des pentes raides et couloirs sur le Coolidge, Barre Noire et la Grande Sagne, magnifique journée ternie par différents incidents qui auront finalement tourné l’accident. 
Cette fois on vise l’aller-retour au Dôme à la journée à skis, vu les bonnes prévisions pour la matinée du samedi. Finalement, après une nuit dans la voiture au Pré de Madame Carle ponctuée par de nombreuses averses, le temps s’avèrera beaucoup moins beau que prévu par notamment Meteo France la veille : en lieu et place du beau temps matinal, ciel bouché, averses en pluie sous 2200 m et visibilité très faible notamment sur le Glacier Blanc, plafond nuageux à 3500 m le matin, remontant à partir de 10h. Un problème de fiabilité des prévisions à court terme récurrent au printemps, surtout dans les Alpes du Sud et surtout sur leur partie orientale (la météo paraissait bien meilleure côté Vénéon que côté Vallouise), sans doute lié à l'imprédictibilité des conditions convectives. Après un départ à 2h30 et une montée dans la nuit, le brouillard et sous les averses de neige (le monde se résumant donc à la boule de lumière dispensée par la frontale), on pensera même faire demi-tour au Col des Ecrins. Après une pause d’une heure, la lumière de simili-éclaircies au-dessus et l’arrivée de groupes depuis le refuge des Ecrins qui poursuivent dans la face nous incitent à remettre les peaux déjà enlevées, et bien nous en aura pris puisqu’on retrouvera le soleil juste au-dessus de la mer de nuages au plafond situé vers 3500m. On profitera alors de la superbe ambiance du haut de la face nord au-dessus de la mer de nuages (marée montante à partir de 10h) dont n'émergent que les plus hauts sommets des Ecrins, tous plâtrés de fraîche comme rarement à cette époque de l’année, l’impression de voler en avion au-dessus du massif ! Le sommet du Dôme sera atteint vers 10h, au bout d’environ 6 heures de montée et 2 longues pauses à 2700 m puis au Col des Ecrins, sans fatigue excessive mais avec beaucoup d’essoufflement au-dessus de 3700m, trahissant le manque d’acclimatation…
Le début de la descente se fera également dans d’excellentes voire exceptionnelles conditions, avec 40 à 60 cm de poudreuse légère, non ventée, jusqu’à ce qu’on retrouve le jour blanc à mi-face. On skiera alors très précautionneusement le long de traces existantes, avec de nombreuses crevasses parfois difficilement visibles ; l'un des skieurs du jour aura d'ailleurs traversé un pont de neige en haut de la face nord dans le passage raide vers 3800m, retenu par ses coudes... Il semblerait qu'avec sa déglaciation la face devient de plus en plus chaotique et crevassée.
Plus bas on évoluera sur une bonne neige de printemps sur la partie plate du Glacier Blanc, une neige pourrie en profondeur mais restant skiable grâce au damage des passages sous 2700 m, et enfin une neige plus portante et typée névé, mais collante à cause de la petite couche de fraîche de la nuit sur la fin avant le déchaussage à 2250 m.
On retiendra au final ces quelques heures exceptionnelles passées à survoler la mer de nuages rarement haute dans une poudreuse… de mai, plus que les autres plus nombreuses passées dans le jour blanc… ou noir avant l’aurore !

à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles
à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles
à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles
à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles
à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles
à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles
à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles

à la montée dans la haut de la face nord, entre séracs bien visibles et crevasses... moins visibles

vues sommitales, dans l'orre Grande Ruine et Meije,  Brèche des Ecrins, Pic sans Nom et du Coup de Sabre, Ailefroides derrière le Pic Coolidge, Barre des Ecrins et couloir Coolidge à gauche skié en 2013 (pas praticable cette année)
vues sommitales, dans l'orre Grande Ruine et Meije,  Brèche des Ecrins, Pic sans Nom et du Coup de Sabre, Ailefroides derrière le Pic Coolidge, Barre des Ecrins et couloir Coolidge à gauche skié en 2013 (pas praticable cette année)
vues sommitales, dans l'orre Grande Ruine et Meije,  Brèche des Ecrins, Pic sans Nom et du Coup de Sabre, Ailefroides derrière le Pic Coolidge, Barre des Ecrins et couloir Coolidge à gauche skié en 2013 (pas praticable cette année)
vues sommitales, dans l'orre Grande Ruine et Meije,  Brèche des Ecrins, Pic sans Nom et du Coup de Sabre, Ailefroides derrière le Pic Coolidge, Barre des Ecrins et couloir Coolidge à gauche skié en 2013 (pas praticable cette année)
vues sommitales, dans l'orre Grande Ruine et Meije,  Brèche des Ecrins, Pic sans Nom et du Coup de Sabre, Ailefroides derrière le Pic Coolidge, Barre des Ecrins et couloir Coolidge à gauche skié en 2013 (pas praticable cette année)

vues sommitales, dans l'orre Grande Ruine et Meije, Brèche des Ecrins, Pic sans Nom et du Coup de Sabre, Ailefroides derrière le Pic Coolidge, Barre des Ecrins et couloir Coolidge à gauche skié en 2013 (pas praticable cette année)

à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses
à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses

à la descente, 40 à 60 cm de poudreuse légère non ventée au-dessus des crevasses

sur le Glacier blanc... jour blanc

sur le Glacier blanc... jour blanc

les purges dans les Rochers du Grand Laus
les purges dans les Rochers du Grand Laus

les purges dans les Rochers du Grand Laus

31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 19:18

Le 31 mars 2025

Itinéraire : refuge Agnel - Col Vieux - Brèche de Ruine - selle d'Asti -  route du col Agnel - col Agnel - pont de Lariane

Sommet : 3150 m à la selle d'Asti

Dénivelée : 1150 m (2550-2800-2750-2900-2800-3100-3000-3150-2500-2800-2050)

Difficulté : 3.3

Après un excellent dîner et une nuit qui aurait du l’être (un refuge Agnel grand confort et sympathique !), seconde journée de ce mini-raid avec comme objectif le tour du Pain de Sucre, déjà skié en novembre 2012 mais à l’époque dans le sens horaire et par le vallon du Giarus. Mais c’est toujours un plaisir de parcourir cette boucle variée et panoramique agrémentée de passages particulièrement esthétiques comme le couloir est de la Brèche de Ruine, aussi court qu’ambiancé, la remontée du glacier fossile d’Asti sous la selle éponyme et de hautes parois rocheuses plâtrées de neige fraîche, ou la descente grand large en versant sud-ouest.

Côté neige, on skiera de tout, du bon et du moins bon, de la bonne neige froide sous la forme de vieille poudreuse versant nord d’Asti, de la bonne neige chaude sous la forme d’une moquette soyeuse sur le bas du versant sud-ouest de la selle d’Asti (le haut pas encore décaillé à cause du vent de nord-est modéré), et de la neige chaude pas très bonne avec la collante de la route du col Agnel, qui transformera cette piste bleue en une piste verte nécessitant de pousser sur les bâtons ! 

au Col Vieux puis Brèche de Ruine
au Col Vieux puis Brèche de Ruine

au Col Vieux puis Brèche de Ruine

dans le court couloir est de la Brèche de Ruine
dans le court couloir est de la Brèche de Ruine
dans le court couloir est de la Brèche de Ruine

dans le court couloir est de la Brèche de Ruine

première montée versant nord du Pic d'Asti
première montée versant nord du Pic d'Asti
première montée versant nord du Pic d'Asti

première montée versant nord du Pic d'Asti

de la crête, vue vers le Mercantour italien et l'Argentera

de la crête, vue vers le Mercantour italien et l'Argentera

courte descente en poudreuse versant nord puis remontée à la selle d'Asti
courte descente en poudreuse versant nord puis remontée à la selle d'Asti
courte descente en poudreuse versant nord puis remontée à la selle d'Asti

courte descente en poudreuse versant nord puis remontée à la selle d'Asti

descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti
descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti

descente combe ouest sud-ouest du Pic d'Asti

poudreuse sous le col Agnel
poudreuse sous le col Agnel

poudreuse sous le col Agnel

31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 18:44

Le 30 mars 2025

Itinéraire : pont de Lariane - couloir nord central du Col de Berre - l'Aigue Agnelle - refuge Agnel

Sommet : 2900 m 20 mètres sous le sommet du couloir nord (suspicion de plaque à vent à la sortie du couloir)

Dénivelée : 1100 m (2050-2450-2400-2900-2350-2550), du brassage à skis puis en crampons dans le couloir

Difficulté : 5.1 dans le topo (400 m de couloir dont environ 250 m à 45° étroits), mais plutôt un petit 4.3 dans les conditions du jour (bon remplissage et pas d'étroiture rocheuse)

Première journée d’un week-end autour du refuge Agnel dans le Queyras, dans l’un des rares créneaux météo de ce début de printemps. On profitera de la montée au refuge Agnel pour entreprendre l’un des nombreux couloirs qui entaillent la face nord de la Pointe des Sagnes Longues et la crête qui lui fait suite à l’est, le couloir dit central du Col de Berre, une ligne évidente vue d’en face (pas du pied…), rectiligne, et de plus en plus encaissée à mesure que l’on monte - jusqu’à une largeur de 3 mètres par endroits… La neige s’avèrera inégale tout au long des 400 mètres du couloir, en cours de transformation sur les contrepentes sud, parfois cartonnée par le vent dans l’axe du couloir, plus légère sur les contrepentes nord mais souvent posée à même les rochers, en tout cas toujours en quantité suffisante dans l’axe et meuble sur entre 20 et 50 cm, ce qui rendra la montée éreintante…et la descente plaisante, dans un substrat qui pardonne sans doute la chute.
On devra faire demi-tour une vingtaine de mètres sous la sortie, lorsque le couloir tourne à gauche en s’élargissant et se couchant, sur signes évidents d’accumulation ventée, avant de descendre cette très belle ligne soutenue, raide (mais jamais très raide) et légèrement tournante - ce qui ajoute à l’ambiance.
Les grandes pentes du bas offriront une neige plus homogène et facile à skier, de la neige froide légèrement croûtée où la godille devient plus facile, avant une dernière montée vers le refuge avec comme carotte la pinte de bière sur la terrasse ensoleillée !

crocus au départ

crocus au départ

durant l'approche

durant l'approche

en bas du couloir
en bas du couloir
en bas du couloir

en bas du couloir

dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux
dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux

dans le beau couloir, bien encaissé sur ses 200 mètres sommitaux

descente
descente
descente

descente

nos traces vues le lendemain

nos traces vues le lendemain

le ciel depuis le refuge Agnel

le ciel depuis le refuge Agnel

14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 19:16

Un article sur les raids à skis autour des lacs de Rabuons et de Vens en Haute-Tinée, dans le numéro 60 de Ski Rando Magazine :

https://www.skirandomag.com/numero60/

 

croisière dorée dans le Mercantour, l'article
14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 19:13

Ci-dessous le texte de l'article paru dans le numéro 59 de Ski Rando Magazine, sans les topos :

https://www.skirandomag.com/numero59/

Beaucoup ne connaissent du sport que les manifestations, compétitions, fédération, émulation, ostentation, fanions, chronomètration et dossardisation. A l’école, à la télévision, à la radio, dans la presse, au café du commerce, à la machine à café, il n’y a de place que pour ce sport institutionnalisé, marketé, une déclinaison transpirante du capitalisme et de la course autant contre les autres que pour soi. La montagne, tant hivernale qu’estivale, semble alors se transformer en un gigantesque terrain de sports plus ou moins aseptisé où cet hubris vient s’exprimer. Il est pourtant des sports, plus ludiques qu’olympiques, où la recherche de la beauté prime sur la course à la performance, et où l’activité physique constitue plus un moyen qu’une fin. Comment mieux définir le ski de randonnée, littéralement la pratique de la balade (avec 2 planches aux pieds) sur neige, une activité qui consiste plus à parcourir un milieu exigeant mais éminemment esthétique qu’à lutter contre le chronomètre ? La montagne enneigée n’est alors plus un stade où l’on vient explorer les limites de son corps, mais un lieu d’exploration et la destination par elle-même où notre corps va nous emmener.
Dur à faire aval(is)er cette conception à votre beau-frère, pour qui sport signifie forcément compétition : vous n’avez pas de Rolex au poignet à 50 ans, pas de Mercedes au garage, pas de Berluti aux pieds, et pas même un classement dans la dernière course de ski, un loser archétypique décidément ! Votre beauf n’oubliera d’ailleurs de mentionner que s’il ne risque qu’une contredanse pour ne pas avoir respecté les itinéraires imposés en voiture, vous risquez votre peau pour persister à divaguer à votre rythme loin des pylônes des stations ou des fanions des courses, à la merci des plaques à vent traîtreusement cachées. Et oui, vous n’avez d’autre objectif que de faire de belles courses sans faire la course, vous immerger dans la nature hivernale, sans les oripeaux de l’anthropisation, dans la solitude, le calme et le silence de la montagne enneigée, là où votre regard d’homo sapiens attiré par le mouvement peut enfin cesser de papillonner pour mieux se fondre dans Pachamama.
Dans ce cas, pourquoi ne pas viser les alentours du lac de Serre-Ponçon, son soleil du Sud et sa ceinture de sommets qui dominent le bras nord-est de ce grand lac de basse altitude, dont la topographie échancrée peut faire penser à un fjord norvégien ? 

Ce lac de barrage mis en eau en 1959 a noyé entre autres le village de Savines (reconstruit à l’identique à côté)… mais pas les sommets qui permettent de skier vue mer lac. C’est une mégabassine ou plutôt gigabassine (naturelle et non pas excavée) qui assure l’approvisionnement en eau du pays aval en saison sèche estivale - en tout cas tant que les glaciers des Ecrins existent et assurent un débit en l’absence d’épisode pluvieux – et le lissage des crues, comme récemment en mai 2018, décembre 2019 ou mars 2024. Ne voyez pas la main des lobbys productivistes agricoles derrière ma plume ou plutôt mon clavier, et inutile de venir installer votre tente 2 secondes dans le platane de mon jardin, cette analogie oiseuse a juste pour but de rappeler tout l’intérêt de ces lacs de retenue pour des régions au climat semi-aride telles que la Provence. 

En complément de ses fonctions hydrologiques et énergétiques, le lac constitue également l’un des épicentres du tourisme estival dans les Alpes du sud, avec sa petite mer intérieure tournée vers les montagnes, bordée de plages et parcourue d’une armada de voiliers, dériveurs, wing truc et foil machin, du tourisme balnéaire qui vient fort opportunément suppléer au vecteur touristique du ski hors saison des sports d’hiver. Son remplissage estival, au plus près possible de sa cote d’exploitation optimale, devient d’ailleurs un marronnier chaque printemps.

C’est dans cette zone que le ski de randonnée prit son essor en France, plus précisément sur les pentes du Mont Guillaume, où le lieutenant Widman a voulu prouver à la fin du dix-neuvième-siècle la supériorité du ski sur la raquette pour les déplacements des troupes de montagne. Sa démonstration s’est basée sur un test, lui-même constituant le cobaye, et il effectuera son aller-retour de la gare d’Embrun au sommet du Mont Guillaume en 5 heures de montée puis 1h30 de descente avec des skis commandés de Suède. Cette première descente du 12 février 1897, déjà conforme à l’esprit des déplacements bas carbone par la force des choses (!), marquera comme il l’espérait le début de l’introduction des skis dans l’arsenal des troupes de montagne françaises. Si vous voulez aujourd’hui gagner le sommet du Mont Guillaume et sa chapelle, en hommage ou non à l’importateur du ski de randonnée en France, vous pouvez utiliser votre arsenal modernisé, avec des skis en bois ou non, suédois ou pas, mais ne manquez pas d’invoquer l’argument du réchauffement climatique en près de 130 ans pour justifier votre départ d’une altitude supérieure à celle de la gare d’Embrun à 870 mètres !

Difficile de retenir une unité géographique ou administrative pour les itinéraires décrits dans cet article, à cheval entre Alpes Hautes ou de Haute-Provence, Ubaye et Ecrins, massifs et départements, le seul critère retenu étant donc… la vue sur le lac depuis les sommets !
Les courses seront décrites par leur position géographique autour du lac, dans le sens des aiguilles d’une montre, du Piolit au Pouzenc en passant par le Mont Guillaume ou le Petit Parpaillon, autant de pentes dans lesquelles vos spatules pointeront vers le Grand Bleu… ou plutôt Petit Bleu si l’on veut plus d’objectivité.

Dans un Champsaur déjà bien connu des skieurs de randonnée, le Piolit constitue peut-être la course la plus classique : la proximité de Gap, une orientation nord favorable dans les Alpes du soleil, une longueur et difficulté rendant la course accessible au plus grand nombre, un terrain varié de la piste de ski nordique aux combes sommitales en passant par la forêt, font que la voie normale en face nord au départ de la station d’Ancelle voit des processions de skieurs les week-ends de beau temps.
Il est pourtant un autre chemin, guère plus difficile ou long - mais certes plus vite déneigé sous l’anticyclone : celui de la face sud-est au-dessus de Chorges, où l’expérience intime se rapprochera plus de la retraite que du pèlerinage. Ici en adret - comme en ubac dans la voie normale - vous trouverez pistes, mélézins et grandes pentes sommitales, mais ici comme pas ailleurs vous évoluerez avec le lac dans le rétroviseur à la montée et le masque à la descente, sur un versant tourné tout exprès vers le fjord. C’est une course panoramique s’il en est, où vous risquerez autant la fracture de rétine que l’entorse du genou !

C’est au-dessus de Réallon - l’autre station de ski alpin à taille humaine de cette extrémité méridionale du Champsaur – que se trouvent les Aiguilles de Chabrières, un flambeau de calcaire perché à moins d’une dizaine de kilomètres à vol de chocard du lac. Ces grandes tours de calcaire accolées détonnent dans le doux relief du Champsaur, et leur silhouette dolomitique attirera tant les grimpeurs – vite échaudés par un rocher de qualité… perfectible - que les skieurs, dont le regard se portera sur les couloirs blottis entre les aiguilles, notamment le couloir nord-est ou celui de la brèche est. Mon premier permet de gagner la crête sommitale et son formidable belvédère sur le lac ; mon second donne accès au grand karst de l’Oucane, un lapiaz - rare dans les Alpes du Sud – qui pour les nordistes ne manquera pas d’évoquer le désert de Platé dans le Haut-Giffre.

Mais l’aiguille du sens horaire tourne, et il est maintenant l’heure de se pencher vers le berceau du ski de randonnée en France comme abordé en préambule : le Mont Saint-Guillaume, dont la première ascension à skis remonte donc au dix-neuvième siècle. Je décrirai ici l’itinéraire classique et historique, celui qui bénéficie du meilleur enneigement et de l’approche routière la plus commode : le versant nord-est au départ du Château de Caléyère puis par la chapelle des Séyères. Le passé n’est pas que militaire ici mais aussi religieux, et vous pourrez vous recueillir tout au long du chemin de croix de la montée dans ce lieu historique du ski de randonnée en France, d’abord à la chapelle des Séyères à demi-pénitence, puis à la chapelle sommitale et son point de vue mystique sur le lac qui s’étire vers l’ouest.
Si vous considérez ne pas avoir suffisamment flagellé vos mollets en regard des nombreux vices à expier, vous pourrez même aller rôtir dans le couloir sud de l’Arpion, une belle ligne peu connue à l’ambiance rocheuse marquée entre des falaises de calcaire déliquescent.

Place au sécularisme maintenant, vers le sommet du Parpaillon, où remontées mécaniques et tunnel traversant la montagne ramènent à une montagne où l’économie et le matérialisme priment sur la spiritualité. Ici comme pour les Aiguilles de Chabrières, l’approche pourra se faire à la force des mollets depuis le parking, ou à celle du portefeuille depuis le sommet des pistes de Crévoux. Petite préférence me concernant pour l’utilisation (sacrilège !) des téléskis, pas seulement par paresse et velléité d’échapper à la longue piste du Parpaillon, mais aussi par épicurisme et souhait de passer par l’esthétique crête nord du col de Girabeau. Vous profiterez dans les deux cas d’une grande descente versant nord du Petit Parpaillon : ce sera aussi bon en poudreuse que de manger du Nutella à la cuillère dans le pot… mais sans les remords !

Quelques heures de cadran plus tard, nous voilà maintenant sur le Pouzenc, la montagne-phare de l’Embrunais, dont la face nord aimante le regard des skieurs de retour des Ecrins ou du Queyras sur la nationale 94. Cette pyramide rocheuse à la position dominante peut s’atteindre par presque tous ses versants, le plus commodément sans doute par son versant sud puis son court mais raide et exposé couloir nord-est qui force la barre sommitale.  L’arête sommitale vous récompensera au-delà de toute attente, et l’endorphine supplantera vite l’acide lactique sur cette ligne alpine et suspendue entre neige et ciel, tendue vers le lac de Serre-Ponçon très loin sous les spatules. 

Voilà, l’aiguille a terminé sa révolution, et il est temps que ces verbiages se terminent enfin pour laisser la place à ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander : les topos détaillés de ces courses aux allures norvégiennes, mais à moindre bilan carbone et meilleur bilan soleil ! 

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