AGORAMANIA : des grands espaces de Provence à la wilderness d'ailleurs







Des +6400 m de Bolivie aux -400 m de Jordanie, des monastères perchés des Météores aux églises troglodytes d'Abyssinie, des mosquées d'Ispahan aux dômes nervurés de Samarcande, du sable blanc du Nouveau-Mexique aux pitons gréseux du Hoggar...
Le 26 avril 2026
Itinéraire : Chambran - les Combaras - Planes de Coste Vieille - col à l'ouest de Tête Noire
Sommet : 3000 m
Dénivelée : 1300 m (1700-3000-1700)
Difficulté : 3.2
Après le versant ouest la veille, place au versant est dominant Chambran, avec donc un départ plus matinal et un début de montée ingrat hors sentier sur pentes raides et glissantes sous le point coté 1944. Plus haut et sitôt les premiers névés rejoints on profite en crampons puis sur les peaux d’une neige généralement portante et d’un beau cadre sauvage de vallonnements blottis entre falaises et rochers épars. On fera finalement demi-tour au départ de l’arête est du Pic de Coste Vieille, les pas de mixte visibles n’étant pas compatibles de l’horaire déjà bien avancé et des contraintes de timing, mais profitera comme la veille d’une bonne neige déjà typée névé de haut en bas sur les 1300 mètres d’une descente plongeante, avec seulement 50 mètres d’interruption grâce à la présence sur le bas d’un névé d’avalanche providentiel.
Un beau week-end de ski dans un coin oublié des skieurs (pas le moindre bipède rencontré à skis durant ces 2 journées), à proximité pourtant des autoroutes à peaux des Glaciers Blanc et Noir, mais des conditions de neige qui font plus penser à une mi-mai voire fin mai qu’à une fin avril, la saison semblant donc déjà toucher à sa fin avec notamment des adrets déneigés jusqu’à plus de 2500 mètres…
Le 25 avril 2026
Itinéraire : Chambran - Ravin de Riou la Selle - Crête de Coste Groselière entre les points cotés 2719 et 2737 - Cime de la Condamine en aller-retour
Sommet : 2950 m à la Cime de la Condamine
Dénivelée : 1300 m (1700-2100-2050-2950-1700)
Difficulté : 3.3
Après un premier passage à skis en 2019 dans la descente des Dômes de Monêtier, retour à Chambran pour y skier les 2 versants dominant le hameau. La première journée se passera donc sur le versant ouest de la Cime de la Condamine, avec un portage jusqu’à 2050 m pour trouver les premières langues de neige en ce printemps chaud, sec et donc finalement peu enneigé malgré un cœur d’hiver très arrosé. Après avoir marché entre crocus et tétras chantant visibles sur le faîte d’un mélèze, on peut donc chausser les skis et profiter d’une neige meilleure qualitativement que quantitativement, dont la consistance de type névé garantit de bonnes conditions de ski jusque tard dans l’après-midi en toutes orientations. L’occasion donc de belles courbes, petites ou grandes, sur une neige ferme et non collante, et de repérer la journée du lendemain juste en face vers les sommets de Clouzis.
chaussage à 2050 m, un printemps bien sec après pourtant une fin d'hiver très arrosée (un tétras perché entendu puis vu pour mémoire)
Le 24 avril 2026
Voie du dièdre, 2 longueurs, équipé, 6b max
6a/6b
Sur la route de la Vallouise, retour sur le site d’escalade de la Baume à Sisteron, où couennes et mini grandes voies de 2 longueurs alternent entre deux lames de rocher parallèles. La « voie du dièdre » déjà parcourue dans sa première longueur remonte l’angle est de la lame nord, entre le crépi de cette lame et les states verticales parallèles situées entre les lames nord et sud. Elle offre une belle escalade atypique dans la géologie exceptionnelle des lieux, où pas de dalle sur la lame nord, écarts, renfougnes voire coincements entre les strates verticales seront de rigueur pour passer les crux des parties déversantes, le tout étant heureusement très bien équipé.
Le 19 avril 2026
Voie de la face nord à la Tête de la Melette
6 longueurs, partiellement équipé, 6b+ max
6a/3c/6a (soutenu)/6b+/5c/rappel/5b (1 pas)
Parcours de la voie de la face nord à la Tête de la Melette, une ligne historique (et donc en fissures) de 6 longueurs où l’on croise encore pitons et coins de bois près des plaquettes qui jalonnent les parties plus techniques et/ou moins protégeables (petit jeu de friends et quelques sangles à mon sens indispensables). C’est un itinéraire peu parcouru, parfois encombré de végétation comme dans la cheminée de L1, sur rocher très typé face nord – lisse, peu adhérent et même souvent licheneux, mais qui offre une très belle ambiance dans le Cirque des Walkyries avec sa forêt de monolithes de calcaire, et une belle L3 notamment, longue et soutenue en fissure décorée d’un filon d’aragonite et de concrétions dans sa partie médiane. Et puis une voie donc intégralement à l’ombre se prêtant bien à l’escalade estivale… ou même printanière en ce mois d’avril aux températures déjà excessives !
Le 17 avril 2026
Itinéraire : sommet télécabine Moraine - crête entre Roc des Saints-Pères et Aiguille des Saints-Pères - point coté 2804
Sommet : 3400 m
Dénivelée : 600 m (2800-3400-2800)
Difficulté : 4.2, 100 mètres sommitaux larges de 2m50 à un peu plus de 40°
Courte virée en ski de randonnée au départ du télécabine Moraine (comme l’avant-veille) vers le glacier de Chavière, cette fois en obliquant à gauche pour viser le versant sud-ouest de l’Aiguille des Saints-Pères et ses nombreux couloirs de difficulté variable (de 4.1 à 5.1). Après une montée d’abord rapide en peaux à près de 800 m/h puis une fin à pied laborieuse en pente est raide - en neige pourrie sans la moindre consistance sur plus d’un mètre d’épaisseur, c’est finalement le départ d’un autre couloir que celui initialement visé qui sera atteint ! De toute façon les conditions très sèches en versant sud après plus d’un moins de chaleur n’autorisaient un accès aisé qu’à celui-ci, et une descente très plaisante en neige à point sous les crêtes dentelées de gneiss fera oublier cette déconvenue mineure. Une jolie conclusion à ce séjour marqué comme chaque année par le soleil, la chaleur et des pistes généralement peu fréquentées, et un tour qui peut se boucler en moins d'une heure et demie de remontée mécanique à piste…
le couloir du jour (seconde photo vue de la station de Val Thorens), le seul facilement accessible ce jour versant Glacier de Chavière
Le 17 avril 2026
Itinéraire : cime de Caron - combe nord-ouest du Lac du Lou - Lac du Lou - bas du télésiège du Plan de l'Eau
Retour sur le hors-piste des combes nord-ouest de la cime de Caron, un ensemble de combes sauvages de 3100 à 1900 m, soit 1200 mètres de hors-piste sauvage en neiges variées ce jour et cette heure, neige encore dure au début en versant ouest à 11h, plus onctueuse en surface en contrepentes sud ou poudreuse au nord, avant de retrouver de la neige uniformément bien revenue sous 2600 mètres, et ce jusqu’au retour sur les pistes à 1900 mètres. Une descente d’ampleur donc, globalement en bonnes conditions, mais surtout le plaisir d’assister à un challenge de fin de saison sur l’extrémité sud du Lac du Lou en cours de débâcle, où des skieurs parfois jeunes traversent le lac sur une cinquantaine de mètres de largeur (en matériel de ski « sur neige »), sur plaques de neige flottantes ou même intégralement sur l’eau… Tout l’(en)jeu consiste à glisser assez vite après le schuss sur pentes de neige pour atteindre sur l’eau la rive opposée, la chute s’avérant sinon pour le moins… revigorante !
Le 15 avril 2026
Itinéraire : télécabine moraine - col de Thorens - col de Gébroulaz - glacier de Gébroulaz branche de gauche - col du Borne - point coté 3041 sur la crête ouest du Mont du Borgne - combe ouest du Borgne - Val Thorens
Somme : 3450 m
Dénivelée : 1050 m (2800-3450-2700-3050-3000-3050-2200)
Difficulté : 3.2
Retour sur le glacier de Gébroulaz au départ des remontées mécaniques, une course classique en boucle sur une très longue vallée glaciaire sauvage côté versant est de l’Aiguille de Péclet, loin des remontées mécaniques de Val Thorens, où une montée de 600 mètres seulement offre une descente de 1700 mètres de dénivelée, dont le premier tiers sur un glacier crevassé et séracé esthétique.
Une course déjà faite à plusieurs reprises donc, cette année avec deux variantes : descente par la branche ouest du glacier de Gébroulaz et non pas la branche est, et remontée par le Col du Borgne en coupant à gauche bien avant la fin du vallon. On peut ensuite sans remettre les peaux traverser la crête ouest du Mont du Borgne (moyennant 50 mètres de portage en pente raide) pour rejoindre directement la station de Val Thorens…
Encore de très bonnes conditions de descente ce jour, poudreuse puis moquette dans la première descente du glacier de Gébroulaz jusqu’au replat à hauteur du Col du Borgne, remontée en peaux puis à pied dans le four solaire de la combe sud-est, et enfin contre toute attente moquette (un peu trop revenue par endroits malgré tout) dans la dernière descente sud-ouest à près de 15 h… avant de retrouver les pistes qui tombent à point lorsque la neige commence à se montrer trop cuite !
Le 15 avril 2026
Comme chaque printemps ou presque, séjour de ski alpin dans les Alpes du Nord, cette fois comme souvent aux Menuires et aux 3 vallées, dont l’étendue et l’altitude du domaine skiable se prêtent bien à la fin de saison. On profitera cette année d’une belle météo hormis la première journée, et d’un enneigement encore correct malgré la chaleur sèche prévalant depuis plus d’un mois et demi. La poudreuse tombera même le premier jour en faibles quantité (10 cm max), restant froide au-dessus de 2800 mètres en versant nord tout le séjour, ce qui autorisera de belles sessions de hors-piste aux allures hivernales sous une météo printanière voire estivale !
Le 12 avril 2026
Voie "la fissure", couenne, équipé, 6a
Retour sur le site d’escalade de Sigottier, en conditions bien plus clémentes que durant sa découverte en janvier 2025 en conditions hivernales. Sur le court créneau disponible on gravira la voie de la fissure, tentée mais vite abandonnée 1 an plus tôt avec des doigts gourds insensibles, 30 mètres d’une couenne très bien équipée (plus de 16 points sur ses 30 mètres) qui suit une ligne fissurée au milieu d’une dalle sinon parfaitement lisse. C’est une longue fissure franche effectivement exceptionnelle dans le calcaire, très esthétique et assez soutenue dans le niveau, avec quelques courts passages à envisager en coincements de main(s) pas trop douloureux, une autre des nombreuses belles lignes qu’offre cette falaise injustement méconnue !
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