AGORAMANIA : des grands espaces de Provence à la wilderness d'ailleurs
Des +6400 m de Bolivie aux -400 m de Jordanie, des monastères perchés des Météores aux églises troglodytes d'Abyssinie, des mosquées d'Ispahan aux dômes nervurés de Samarcande, du sable blanc du Nouveau-Mexique aux pitons gréseux du Hoggar...
"Bientôt dans vos kiosques" un article sur le ski autour d’Andalsnes, tiré des sessions de ski locales de mars 2022 :
Envie d’une parenthèse dans le quotidien parfois un peu étriqué du métro/boulot/dodo ? Pas envie de retrouver votre voisin de palier en voisin de serviette dans un club de vacances exotique aux allures de camp fortifié, ou de vous enfermer à Sarcelles-sur-Neige pour y prendre le métro alpin ?
Pour assouvir vos fantasmes de sea, snow and sun, allez donc plutôt mettre le cap sur la côte norvégienne, là où trace de montée aux allures de piste de ski de fond et combe de descente plus bosselée que la piste rouge des chamois à SuperTruc-les-Alpes ne seront plus qu’un lointain souvenir (mais vous serez peut-être plus gâté en snow qu’en sun…) !
Première journée de kayak de plongée et de kayak de mer…sur l’Etang de Berre, à l’inertie thermique faible vu sa faible profondeur (moins de 10 mètres) et donc à température déjà confortable (22°C au « large », beaucoup plus près du rivage à faible profondeur).
On profitera du meilleur de l’étang, les criques de coquillage blanc de Monteau, blotties sous les pins et les falaises de marnes et molasses de la rive ouest, accessibles uniquement en bateau, et la plage du Jaï, ses eaux cristallines (à la différence des eaux déjà vertes de Monteau) et richement dotées en palourdes. Malgré le braconnage quotidien et parfois massif dont je suis témoin durant certaines de mes pauses méridiennes, les fonds de faible profondeur de la plage cachent (mal) un important stock de palourdes, réduit à néant en 2018 par la crise anoxique de l’étang mais qui s’est vite renouvelé ! On en profitera jusqu’au quota autorisé, 2 kg/jour/personne (https://etangdeberre.org/vivre/peche/reglementation/), avec donc au menu pas mal de spaghetti alle vongole les prochains mois !
les criques de Monteau sous les falaises de marnes et molasses
Combinaison des voies "la calanque", "les 3 oeufs de la mouette inquiète" et "le pilier de l'erreur"
voie "la calanque", 4 longueurs, équipé, 5c max
5b/5b/5a/5c(1pas)
voie "les 3 oeufs de la mouette inquiète", 3 longueurs, équipé, 6a+ max
6a+/5c+/6a (1 pas)
voie "le pilier de l'erreur", 3 longueurs, équipé, 6b max
5a/6a+(soutenu)/6b (2 pas)
Retour sur Castelvieil, sa péninsule de calcaire blanc qui s’avance dans le golfe de Cassis et son duo de falaises nord-est et sud-ouest, nord-est au-dessus des eaux bleu azur, intense ou turquoise de la calanque d’En Vau et sud-ouest face aux calanques orientales, au-dessus d’eaux profondes où j’ai déjà pu observer rorqual et poisson-lune. C’est sans doute mon secteur préféré des calanques, et il me tardait d’y retourner avant que les températures trop élevées n’interdisent son accès aux grimpeurs.
La combinaison du jour, des voies de « la calanque » à celle du « pilier de l’erreur » en passant par « les 3 œufs de la mouette inquiète », offre une escalade panoramique donc, mais aussi variée et dans un crescendo de difficultés, des longueurs de petit 5 bien équipées de la calanque aux 2 longueurs soutenues de sortie, mention spéciale à la fissure-dièdre ronde de la première longueur du pilier de l’erreur, où placements, oppositions et renfougnes sont de rigueur !
le parcours du jour, en VTT, marche et escalade, vu la veille depuis l'avion Rome-Marseille !
rue fétide en fleurs
L2 de "la calanque"
L3 de "la calanque"
L4 de la calanque"
dans les rappels de "rêve de pierre"
la traversée à fleur d'eau avant le départ des "3 oeufs de la mouette inquiète"
sortie de L1 des "3 oeufs de la mouette inquiète"
lavatère au beau relais sommital de L1 des "3 oeufs de la mouette inquiète"
L2 et son arche dans les "3 oeufs de la mouette inquiète"
L3 des "3 oeufs de la mouette inquiète"
L1 du "pilier de l'erreur"
la fissure-dièdre délicate et soutenue de L2 du "pilier de l'erreur"
Quelques vues des vols Marseille-Rome et Rome-Marseille des 9 et 13 mai, des côtes provençales aux montagnes corses, des montagnes provençales aux côtes corses.
le plateau de Vitrolles
la crête est-ouest de la Sainte-Baume, à gauche le versant nord et sa forêt primaire humide, à droite le versant sud déjà sec
la péninsule de Saint-Tropez, caps Lardier, Taillat et Camarat de la gauche vers la droite
le Cap Corse
le chaînon du Cinto au centre derrière l'Ile-Rousse à gauche
l'île de Port-Cros derrière le Cap Bénat
la presqu'île de Giens, Porquerolles à gauche
le Mont Faron, Toulon et la presqu'île de Saint-Mandrier
Sommet de l'Etoile depuis Ensuès-la-Redonne en VTT, par les pistes et monotraces autant que se peut...
Une jolie balade à la (grosse) demi-journée mais au bilan carbone nul, entre la côte bleue et le massif de l'Etoile, en optimisant le parcours pour qu'il privilégie pistes et singles par rapport aux routes bitumées ou pire passantes. Au final environ 70 km et 1500 mètres de dénivelée sur un itinéraire beaucoup plus vallonné qu'imaginé, et pas uniquement dans la montée de l'Etoile ! La section comprise entre l'A55 et l'A51, vers le quartier de La Gavotte, s'avère évidemment la plus urbanisée et la moins intéressante, mais peut se traverser par des routes peu passantes (la route de la carrière Lafarge - officiellement interdite - constitue une bonne alternative en dehors de ses heures d'ouverture). Plus à l'est, vers Castors Isabella, la route suivie par le GR 2013 permet de rejoindre avec un trafic faible également la D6 puis (enfin !) les versants nord de l'Etoile et leurs entrelacs de pistes interdites à la circulation automobile.
le canyon sec versant nord de l'Etoile, juste au-dessus du Château de Gui, un joli encaissement doté de couennes équipées
vue du sommet de l'Etoile sur la rade de Marseille, avant le très beau single de la crête nord-ouest
vue vers le point de départ du jour, peu ou prou au niveau de la tache de soleil sur la mer à gauche
Voie "un éléphant de porcelaine dans un champ de patates", 5 longueurs, équipé, 6b+ max
6a+/6b/6b+/6a+/6a+ (1pas)
Parcours d'une nouvelle voie du "Cap Canaille", équipée sur le conglomérat de son extrémité méridionale, dans les dévers qui dominent le début de la Vire des Immortelles. C'est un secteur un peu ignoré des ouvreurs/équipeurs, avec une approche longue à l'échelle des falaises soubeyrannes (compter une grosse heure depuis le parking du sémaphore quelle que soit l'option d'approche retenue), du conglomérat parfois surplombant et souvent fragile, et l'on ne trouve dans les environs qu'une seule autre voie équipée : "2 gamins sous la pluie", superbe mais peu parcourue ("le grand pou fou" au Bec de l'Aigle n'étant à ma connaissance plus fréquentable).
La voie de l'"éléphant de porcelaine dans un champ de patates" vient combler ce manque dans ce secteur sauvage et panoramique parmi les plus impressionnants des lieux, avec, comme jamais à Canaille, la mer pile sous les chaussons. L'équipement très abondant en scellements (jusqu'à 1 par mètre dans les difficultés, jamais plus de 2 mètres entre les points !) vient suppléer ... la grande fragilité de ce poudingue encore non parcouru, avec durant notre ascension de nombreuses purges parfois assez grosses, méfiance de rigueur pour l'assureur, particulièrement sur les relais en bas de L2 et L4 directement exposés à une chute de pierres déclenchée par le grimpeur de tête...
L'escalade est sinon homogène dans le 6a/b en bacs (patates de poudingue !) sur légers dévers, avec un petit crux dans L3 plus soutenue et raide que les autres longueurs. L'ambiance reste magnifique dans ce conglomérat aux formes parfois baroques, et gazeuse sur relais souvent suspendus, avec la Méditerranée juste en dessous avec ses 50 nuances de bleu. Il conviendra maintenant d'attendre plus de fréquentation pour grimper avec plus de sérénité et oser enchaîner les mouvements sans "psico-ter" sur la solidité de toutes les prises et ruminer sur la résistance des matériaux appliquée aux galets (et spits...) enchassés !
durant l'approche, vue sur une cordée dans "Bienvenue chez Damoclès"
arrivée sur la vire des immortelles sous les falaises délitées de conglomérat
Courte séance de VTT à la pause méridienne, à la découverte du bassin du Réaltor, un petit lac de retenue situé sur le Canal de Marseille près de la gare TGV d'Aix-en-Provence. Ce réservoir situé sur le Plateau de l'Arbois constitue le plus grand lac du département des Bouches-du-Rhône, et donne à observer une riche faune inféodée aux milieux humides : libellules, flamants roses, canards... Sa rive nord-est est longée par une portion du GR 2013 qui se prêt bien au VTT sur terre et cailloux, un parcours ludique... et panoramique en 2 roues !
le monotrace sous la pinède et au bord du Bassin du Réaltor le long de sa rive est
les ruines de la Bastide Neuve sur le Plateau du Grand Arbois
champs de coquelicots et d'asphodèles près de la Bastide Neuve
aventures soubeyrannes, 3 longueurs, équipé, 6c max
A mon sens 6c (3 mètres dans le toit)/6a+(soutenu)/6b(soutenu sur les 20 derniers mètres)
Retour sur la falaise du belvédère de la route des crêtes, petite par sa taille mais pas par son esthétisme, avec sa centaine de mètres de rocher exceptionnellement sculpté comme toujours à Cap Canaille.
La voie « aventures soubeyrannes » louvoie entre toits et cheminées alvéolées sur un calcaire tout à tour déversant, à rondeurs ou sculpté en niches avéolées façon taffonis corses, avec donc de la grimpe ponctuellement athlétique dans le premier toit mais ensuite toute en finesse et placements – avec une poignée de rétablissements délicats – sur les aplats de L2 et L3.
L1 et son beau et horrible toit
L2 en aplats, panorama au relais
L3 et son calcaire à taffonis, avant la fin en aplats et rétas délicats
Le 30 avril 2022
Voie "la loi du chaos" dans le secteur Draïoun au Cap Canaille, 7 longueurs, équipé, 7a max
A mon sens 6a (1 pas)/5b/6a+/6c (sur 3 mètres)/7a (sur 5 mètres)/6b/6c+(1pas)
Session révision de classiques sur la falaise du Draïoun et la première des grandes voies ouvertes dans ce secteur exceptionnel pour la beauté et la variété de son rocher (du bas en haut des 200 m de hauteur calcaire, grès et poudingue).
La loi du chaos offre 7 longueurs d’escalade sur cette trilogie géologique et une relative homogénéité dans le 6a/b hormis pour les quelques mètres difficiles dans la fissure à coincement de L4, le conglomérat lisse du milieu de L5 et le toit final de L7, autant de passages qui peuvent se franchir plus ou moins aisément à l’aide des scellements pour un grimpeur pas au niveau. C’est donc de l’escalade plaisir et panoramique au-dessus de la baie de Cassis et face aux calanques, sur un équipement sécurisant, de la grimpe souvent ludique dans L1 et L3, esthétique dans la fissure à Dülfer puis coincement de L4, fine et typée dalle comme toujours sur le poudingue de L6, une magnifique longueur plein gaz tout en placements et à pieds sur petits galets enchassés.
à l'approche, chèvrefeuille et fantaisies de calcaire des lieux face aux calanques
le chaos géologique à gravir, la ligne louvoie vers le milieu de la photo et passe par les trois strates rocheuses
dans le chaos de calcaire de L1
L2
les petits dévers de L3
sortie de la fissure de grès de L4
dans L5, à la transition grès-poudingue
vues des relais
le champ de (petites) patates de poudingue de L6, magnifique et soutenue en 6a+/(petit)6b
Le 28 avril 2022
L’arête dite de gauche de la Tête du Trou du Chat, 2 longueurs, partiellement équipé, 6b max
6b (soutenu, athlétique et à protéger sur les 20 premiers mètres)/5c
Première session de grimpe en soirée de l’année, dans des conditions idéales, avec une température assez chaude pour grimper en tee-shirt, mais pas trop pour garder les mains au sec, et pour seules rencontres… un faucon !
L’arête ouest de la Tête du Trou du Chat, bien plus difficile et moins équipée que la sud parcourue quelques mois plus tôt, offre une escalade courte (sur moins de 50 mètres de hauteur), mais soutenue et délicate dans sa première longueur. On y trouve au départ un dièdre-fissure malcommode et en rocher fragile (plusieurs purges de notre fait), à protéger intégralement sur coinceurs, avant une section (encore) plus raide et athlétique équipée de goujons, où je volerai en second sur rupture de (grosse) prise de pieds.
La seconde longueur - à l’équipement qui se suffit - reste bien plus facile sur un joli 5c en dalle, traversée et dièdre final où le rocher neuf et la végétation envahissante rappellent si besoin était la faible fréquentation de l’itinéraire, avec sa première longueur un peu éliminatoire…
Au final une voie intense mais courte, qui vaut autant par son escalade que par son cadre face au grand bleu, aux îles ou au cirque des Goudes.