AGORAMANIA : des grands espaces de Provence à la wilderness d'ailleurs







Des +6400 m de Bolivie aux -400 m de Jordanie, des monastères perchés des Météores aux églises troglodytes d'Abyssinie, des mosquées d'Ispahan aux dômes nervurés de Samarcande, du sable blanc du Nouveau-Mexique aux pitons gréseux du Hoggar...
Le 26 juillet 2026
Après la séance d’escalade sur le site voisin de Château Virant, balade sur l’un des vallons encaissés descendant de la chaîne de la Fare vers l’Etang de Berre, et donnant accès dans sa partie haute sur sa rive gauche à l’oppidum de Constantine, des ruines protohistoriques celtes, en bon état de conservation pour certaines tours et portions des remparts nord, moins pour les ruines proches du Trou de la Chèvre d’Or, impressionnant pour des constructions de plus de 2000 ans. Une jolie et courte randonnée (située sur le Domaine de Calissanne, et donc un terrain privé…) dans un vallon calcaire typique de la région, entouré de rochers calcaires découpés, parfois en arches, avec une végétation dense dans les encaissements humides et ombragés, mais permettant de découvrir un oppidum parmi les mieux conservés de la région…
Le 26 juillet 2026
Voies "les spéléo", 5c
"la trompe d'éléphant", 5c
"le juif architecte", 5c
"la dalle du chrétien de gauche", 5c+
Retour sur le calcaire et la molasse de Château Virant, en face sud-est pour profiter de l’abri du mistral et de l’ombre arrivant progressivement à partir de 14h. On y trouve de jolies couennes un peu courtes (15 à 20 mètres max), sur un calcaire à molasse parfois très sculpté, comme dans « les spéléos » ou « le juif architecte », le tout dans des cotations sévères (rajouter souvent une cote voire une et demi) et sur un rocher parfois usé…
Les 22 et 24 juillet 2026
Retour en masque et tuba et en VTT en pause méridienne sur les spots de plongée apnée (et bouteille pour les bateaux venus de Niolon !) du Niolon, son dévers flamboyant de coralligène, gorgones et limaces de mer, et l’Erevine, avec notamment des conditions de plongée idéales le 22 – mer chaude (27°C), calme, claire et sans méduses, et un lièvre de mer rencontré le 24… juste avant de croiser un lapin bien terrestre dans la garrigue au retour en vélo !
le 22 au Moulon : anémones encroûtantes jaunes, clathrine jaune, éponge rognon, éponge cavernicole jaune, gorgone jaune
Les 18 et 19 juillet 2026
Itinéraire : refuge du Gioberney - les Prés du Lauzon - névés du torrent du Lauzon - Lac du Lauzon - Lac Bleu (bivouac) - névés des torrents de la Muande - refuge du Gioberney
Dénivelée : 700 m (1650-2200-2100-2200-2050-2100-1650)
Retour en randonnée dans le Valgaudemar au départ du Gioberney, sans doute ma vallée préférée du massif des Ecrins, dans la munificence d’un début d’été, où pelouses alpines vertes et fleuries, torrents en abondance, névés encore nombreux… et fruits sauvages à profusion (framboises et fraises dans la vallée, myrtilles plus haut… avec quelques semaines d’avance) donnent aux lieux un petit air de paradis alpestre. En ce week-end de beau temps, nombreux sont évidemment ceux qui en profitent, et on ne trouvera donc pas la solitude espérée près du Lac Bleu, pourtant présumé moins connu et fréquenté que le Lac du Lauzon. On ira bivouaquer à une centaine de mètres au sud du lac, sur un replat herbeux non moins confortable, avec en guise de spectacle de fin de journée la barrière est du Valgo, des Bans au Sirac, éclairée par le jeu des nuages, du soleil couchant et du hasard. La tente sera bienvenue pour se protéger des attaques des moustiques aussi nombreux que virulents, avant de retrouver le soleil au réveil, puis un Lac Bleu enfin privatif entre le départ des campeurs de la veille et l’arrivée des randonneurs du jour.
Le reste de la journée se passera sur et sous les gros névés des torrents de la Muande, avec encore des épaisseurs proches de 5 mètres dans ces restes d’avalanches, et sur les pelouses alpines à la cueillette des myrtilles déjà abondantes de cette mi-juillet. De beaux restes d’avalanches donc après pourtant un temps beaucoup plus sec et chaud que les normales climatiques depuis 3 mois et 3 canicules, et ce en raison d’un hiver particulièrement arrosé en janvier et février, avec quelques épisodes notables de crues avalancheuses.
Suite à un printemps sec, on trouve malgré ce coeur d'hiver arrosé un cumul d’accumulation dans les normales climatiques, comme le prouve le dernier bilan fait sur le Glacier Blanc. Les fortes chaleurs subies depuis plusieurs mois devraient conduite à une ablation proche des records, et donc à un bilan de masse très fortement négatif, peut-être moins qu’en 2022 dans cette vallée du Valgaudemar située à l’ouest des Ecrins et bien arrosée par la prévalence des flux d’ouest de l’hiver 2026 (comme le Dévoluy ou les Grandes Rousses également cette année). Ceci ne fera qu’amplifier les évolutions constatées depuis près de 20 ans lors de nombreuses sorties ski de rando, alpinisme, escalade ou randonnée sur place : recul de l’extrémité aval des glaciers, sensible par exemple pour Chabournéou, disparation de la quasi-totalité des séracs de la vallée (celui situé sous la brèche en V du Sirac, ceux de l’extrémité aval du glacier de Chabournéou…), les dernières exceptions étant constituées par la langue aval du glacier supérieur de la Condamine (même si en forte diminution) et ceux situés à l’extrémité aval du glacier des Rouies (bientôt invisibles du Gioberney).
le Lac Bleu et ses grenouilles rousses, calme entre le départ des bivouaqueurs et l'arrivée des randonneurs du jour
le glacier du Sirac, vu ce jour et en mai 2009, le bombement glaciaire du sérac sous la brèche en V a également disparu
le glacier du Chabournéou, vu ce jour et le 31 mai 2013, ce front de sérac à 2800 m a depuis complètement disparu
Le 13 juillet 2026
Sur la route du retour, courte escale dans la réserve de Morris island située une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Ottawa, au bord de de la Rivière des Outaouais, qui rejoint le fleuve Saint-Laurent à Montréal. C’est un petit parc très fréquenté, tout l’inverse du Parc Algonquin, mais permettant de belles observations naturalistes ce jour, innombrables écureuils, canards ou libellules bien sûr (sans mentionner les maringouins encore plus nombreux), mais aussi tortues se réchauffant au soleil, de l’espèce très commune outre-Atlantique des tortues peintes.
Voilà de quoi clôturer 3 semaines de pérégrinations professionnelles et personnelles riches d’observations naturalistes, des tortues peintes de l’Ontario aux tortues cistudes de Corse en passant par les manchots du Cap, entre (beaucoup d') autres.
Le 12 juillet 2026
Itinéraire : Shall lake access point - Farm lake - Bit creek - Kitty lake en aller-retour, portage de 100 mètres le long de Bit creek
Seconde journée de cette fin de semaine dans le Parc Algonquin, cette fois-ci non pas dans sa portion nord mais dans son cœur, qui s’atteint par une piste souvent non bitumée d’une vingtaine de kilomètres. On pagaye toujours dans la forêt dense et sur des eaux calmes et chaudes, mais ce jour dans une solitude absolue sitôt le lac Kitty atteint, une très belle ambiance canadienne donc de réseau vierge et presqu’infini de lacs noyés dans la forêt de pins et d’érables, où rapidement aucun signe de présence humaine n’est visible ou audible, pas la moindre construction ou le moindre déchet, pas la moindre traînée d’avion. A l’inverse le joli refuge en bois de Kitty cabin situé juste à l’aval donne à rêver un petit séjour ici, à la mode trappeur… mais en version estivale près de lacs à température proche de 30°C !
Le 11 juillet 2026
Itinéraire : squirrel rapids - Barron canyon en aller-retour, portage de 400 mètres à cache rapids
A l’occasion d’un déplacement professionnel à Ottawa, découverte du parc provincial Algonquin dans l’Ontario, environ 200 km à l’ouest de la capitale canadienne. C’est un grand parc (à l’échelle européenne en tout cas) de près de 10000 km carrés, un ensemble de milliers de lacs reliés par autant de rivières, et qui se découvre surtout par l’eau, plus qu’à pieds (de très rares sentiers). J’y passerai donc 2 journées complètes… sur ma planche à pagaie, au départ de points de mise à l’eau facilement accessibles en char de location. Des virées très agréables sur l’eau, d’une quinzaine de kilomètres environ, avec quelques courts portages (bien indiqués et défrichés) pour sécher les pieds, et sous une météo non moins délectable : ciel bleu et chaleur, qui rendra la baignade très agréable dans une eau à la température sans doute proche… des 28°C. Et oui, on profite ici du climat continental très contrasté du Canada, des hivers longs et froids avec des lacs gelés de novembre à avril, mais inversement des étés chauds avec des lacs et rivières à des températures qu’on n’imagine pas ! Seul bémol, et pas le moindre, le harcèlement constant des insectes volants, mouches (qui mordent), moustiques et taons (appelés ici horse flies), si bien que la navigation se fera habillée pour moi (pantalon et chemise manches longues, casquette). Même le produit anti insectes ne suffira pas pour éviter les piqures et morsures sur les seules zones non couvertes : mains, pieds et nuque, une nuisance donc pénible, mais malgré tout moins pire que ce à quoi je m’attendais l’été sur des zones humides en climat boréal. J’aurais d’ailleurs vu toutes les tenues durant ces 2 journées de pagayage, du maillot de bain à la moustiquaire de tête.
Au passage on croise ici infiniment plus de canoés que de planches à pagaie (uniquement rencontrés dans Barron canyon), dont la greffe n’a pas encore pris ; on voit sur les routes proches du parc autant de chars avec canoés sur le toit que de voitures sans !
Cette première journée se passera donc sur la rivière Barron, surtout connue pour son canyon - long de seulement quelques centaines de mètres mais profond d’une centaine de mètres – un relief rare dans l’Ontario au doux relief de collines et moutonnements. C’est effectivement très joli, et malgré les taons souvent agressifs la balade vaut le pagayage sur des eaux plates et chaudes, entre les nombreuses huttes de castor, au-dessus des truites et sous les rapaces !
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