AGORAMANIA : des grands espaces de Provence à la wilderness d'ailleurs
Des +6400 m de Bolivie aux -400 m de Jordanie, des monastères perchés des Météores aux églises troglodytes d'Abyssinie, des mosquées d'Ispahan aux dômes nervurés de Samarcande, du sable blanc du Nouveau-Mexique aux pitons gréseux du Hoggar...
Journée de kayak vers le Riou, avec comme parcours Callelongue – les Moyades – Monasterio – les Pharillons, avec un passage par la grotte aux méduses découverte cet été, et un tour de Maïre pour finir la journée. On profite encore, sans doute pour la dernière fois, de l’été indien qui se prolonge en cette fin octobre, avec une mer à 21°C et un air encore doux, l’occasion de relier les sites de plongée de Riou et de Maïre et les grottes marines en kayak !
Les soles et les mérous des fonds respectivement de l’îlot des Moyades et de la plage de Monasterio sont encore là, même si les dépôts d’herbiers de posidonie, les bien-nommées banquettes de posidonie, ont envahi une grande partie de la plage de sable (pour mieux la protéger de l’érosion des tempêtes hivernales). On découvrira également le très beau site de plongée des Pharillons à l‘extrémité sud-ouest de Maïre, et ses grandes arches couvertes de coralligène et de gorgones, que l’on peut s’amuser à traverser au milieu de nuages de castagnoles, sars… et de quelques bonites qui fusent dans le grand bleu, avant de longer les falaises sud de Maïre et leur tours de calcaire surplombant la Grande Bleue.
Le clou du kayak trip restera bien sûr la grotte aux méduses, redécouverte avec de meilleurs moyens d’éclairage et de photographie que les fois précédentes, et une eau réellement fluorescente avec les lumières pénétrantes de l’aprés-midi. C’est une petite cavité fragile et un peu argileuse, marquée par des effondrements dont certains semblent récents, mais au concrétionnement dense, riche et varié, au-dessus de la galerie marine d’accès : grandes méduses et parois de quartzite à l’étage inférieur, gours, plafond de fistuleuses, colonnes aux formes courbes, draperies à l’étage supérieur, de l'orfèvrerie de calcite made in calanques encore confidentielle où formes et couleurs brillent sous le halo des lampes, de loin la plus belle grotte marine de la côte des Bouches-du-Rhône et sans doute de la côte méditerranéenne française (pour les grottes "faciles" d'accès, et donc hors grotte Cosquer évidemment).
les fonds de faible profondeur des Moyades, les mérous sont à l'étage juste en-dessous
la plage de Monasterio : sur et sous la surface
la grotte aux méduses : partie inférieure façon grotte bleue
la grotte aux méduses : le concrétionnement de la partie supérieure
Voie « l’échine du dragon », 13 longueurs, partiellement équipé, 6a+ max
Cotations officielles 5c/6a/4b/6a/marche/6a/4c/rappel de 40 mètres/6a/5c/6a/5b/5c/rappel de 20 mètres/6a/rappel de 40 mètres/6a
Cotations ressenties 5c+/5c/4b/5c/marche/6a+/5b/rappel de 40 mètres/6a/5c+/5c+/5b/5c/rappel de 20 mètres/6a/rappel de 40 mètres/5c+
Parcours de la grande voie récemment ouverte et équipée, « l’échine du dragon », qui parcourt la longue échine rocheuse découpée en dents et en brèches profondes et étroites au sud-est pic du Cap Roux. Au départ du parking de la pointe de l’Observatoire une marche d’environ 45 minutes sur la route fermée à la circulation puis un sentier taillé dans le maquis permet de rejoindre le premier ressaut et ses 4 longueurs dans le 5sup, où dans les deux premières les friends s’avéreront indispensables sous peine de grimper plus de 10 mètres sur un rocher non aseptisé. On profite déjà de la belle ambiance des lieux sur ce rocher rouge perché au-dessus de la Grande Bleue, au toucher aussi chaud que les couleurs en ce dimanche encore et toujours estival, mais la suite s’avérera encore plus belle, notamment de la cinquième à la neuvième longueur. On grimpe alors deux tours de rhyolite accolées et séparées par une profonde brèche, de très belles longueurs dans ce cadre insolite et sur un rocher aux teintes rouge à pourpre. La rhyolite alterne portions compactes en dalle et murs raides sculptés en simili-tafonis, de la grimpe en poussant sur les pieds ou en tirant sur les bras qui soulage les doigts et les pieds mis à mal par les gouttes d’eau abrasives du calcaire des calanques quelques jours plus tôt. La suite poursuite sur la même veine… de rhyolite et de succession de brèches et d’aiguilles, où les écailles du dragon se franchissent une par une avec succession de longueurs verticales et de rappels, avec vues sur les dômes rocheux rouges environnants et lignes de crêtes noyées dans la brume automnale vers l’ouest.
Au final une très belle grande voie à points de vue d’œil et de chaussons. L’équipement souvent en lunules et pitons, à compléter impérativement dans les 2 premières longueurs (mais suffisant dans tous les pas au-delà du 5c), et la succession des 13 longueurs d’escalade et des 4 rappels (un de 15 mètres pour descendre de la sortie de la voie), donnent une course et une ambiance typées montagne à moins de 400 mètres d’altitude, une véritable course d’arêtes avec vue sur la plage où l’on avait observé soles et seiches la veille ! Merci aux ouvreurs et équipeurs Muriel et Thibault pour ce beau travail en accord avec l’éthique des lieux, une grande voie incontournable de l'Esterel!
avant le dragon... la couleuvre !
à 3 dans L1
à 2 dans L3, panorama vers le rocher Saint-Barthélémy et le cap Dramont
dans L4
dans la belle dalle compacte et colorée de L5
dans L6, beau dièdre facile à protéger et ombre chinoise sur la rhyolite
dans la faille entre L6 et L7
remontée de l'autre côte de la brèche, L7 et L8
dans L11
brèches, rappels et remontée en face, L12 et L13
à la descente, l'échine du dragon en ombre chinoise et au crépuscule
Après la longue séance de plongée du début d’après-midi, balade tranquille sur les chemins DFCI de l’Esterel, au départ du col de Belle Barbe vers les col du Mistral puis du Baladou sous le pic du Perthus oriental. Des forêts clairsemées de chênes liège, de pins et d’arbousiers en fruits, des pelouses de bruyère violette (non arborescente à la différence de celles des calanques) se blottissent entre les escarpements de rhyolite rouge. On aura au retour la chance de côtoyer une harde de sangliers près du Pont du Grenouillet, mais sans aucune envie de les toucher à la différence de la seiche quelques heures plus tôt !
chêne liège, arbousier et bruyère, une flore variée...
Première partie d’un week-end dans l’Esterel, sur le rouge de la rhyolite et dans le bleu de la Méditerranée. On profitera des températures douces dans l’air et la mer pour explorer les fonds de la réserve marine du Cap Roux, où chasse et pêche sont interdites depuis plusieurs années, et où l’on peut donc observer une riche vie marine. Gros sars, labres et dorades peu farouches défilent devant le masque dans l’anse située juste au nord de la pointe du Cap Roux, et dans les fonds sablonneux on parviendra à observer les experts en camouflage que sont les soles et seiches ! La seiche se croira d’ailleurs tellement bien cachée, seules les yeux émergeant du sable (mais le contour du corps et des tentacules visible pour les yeux aguerris), qu’elle ne consentira à se propulser loin de nous que lorsque nous aurons littéralement le masque sur elle ! Encore une belle séance de plongée apnée dans une saison décidément riche en découvertes zoologiques, et dans une eau toujours à 21°C en cette fin octobre d’un été interminable.
Le 18 octobre 2018 Voie les 2 pins (L1 et L2) suivie de la dernière longueur de "quand un homme devient père", 3 longueurs, équipé, 6a max Cotations officielles 5a/5b/6a, cotations ressenties 5b/5c/6a+
Courte après-midi d’escalade sur l’aiguille de Sugiton secteur Angelvin, sur une combinaison de voies en face sud-ouest. Après les fortes pluies des 2 dernières semaines le rocher sera bien sec, mais le ciel encore encombré de nuages élevés, pas de quoi profiter du soleil en cette face sud-ouest espérée ensoleillée en après-midi. Après une approche humide dans le ciel et sur la peau vu la moiteur de l’air, les 2 premières longueurs de la voie des 2 pins permettent un échauffement progressif, particulièrement dans la L2 un peu malcommode en fissure large/dièdre patiné et raide, avant une dernière longueur soutenue en 6a/6a+. 30 mètres de dalle raide, fissures et petits dévers, avec un équipement bon mais souvent obligatoire, de quoi remettre dans le bain des gouttes d’eau (de calcaire) en beauté après plus 3 semaines de pause grimpistique !
dans L1
dans L3 de "quand un homme devient père", soutenu dans le 6a/6a+
Quelques photos prises depuis les avions à l’occasion d’un voyage au Québec, de l’infini des calottes glaciaires du Groenland à celui des lignes de crêtes des Alpes du Nord !
Paris-Montréal, 6 octobre 2018, l'inlandsis du Groenland
Genève-Paris, 14 octobre 2018, lac d'Annecy devant les Aravis et le Mont-Blanc
Après les balades en Matawinie, séries de randonnées dans les Laurentides un peu plus à l’ouest, plus précisément dans le parc national du Mont Tremblant au nord de Montréal. On y trouve là encore un réseau de sentiers très fréquenté sillonnant les érablières au-dessus des lacs et rivières, et de magnifiques points de vue sur l’immensité des forêts québécoises. Les températures resteront froides et la météo fera souvent grise mine, mais rien qui n’empêche d’admirer la flamboyance des érablières en plein incendie automnal. Après les pluies de la semaine écoulée et le coup de vent du mardi, les belles couleurs se trouvent maintenant autant sur le sol que les bouleaux ou érables, et les parterres de feuilles mortes en camaïeu de jaune et de rouge valent presque les points de vue sur le lac Monroe ou les méandres de la rivière du Diable !
vue du belvédère du Rocher sur le lac Monroe
le lac Supérieur
sur les sentiers du Mont Nixon, aiguilles de granite et forêts enflammées
ambiance automnale vers le lac Brochet
randonnée vers le Rocher au-dessus du lac Monroe
randonnée sur le sentier du centenaire, entre érables, lacs, escarpements granitiques et plages au bord de rivière
randonnée sur la corniche, au-dessus de la rivière du Diable et du lac Monroe
Première journée d’un voyage au Québec, avant tout pour raisons professionnelles, mais qu’avec mon opportunisme habituel j’ai pu agrémenter de quelques randonnées avant et après les réunions, de quoi profiter des couleurs de l’automne en plein pic de flamboyance des érables (les Québecois tiennent à jour une carte de l’évolution des couleurs automnales en forêt), et également découvrir les environs de Montréal. Le Québec est plus un coin d’Amérique qui parle français qu’un morceau de France outre-Atlantique, avec un mode de vie très américanisé dans ces grands espaces peu peuplés. Le climat de ces grandes plaines ouvertes aux influences venant de l’Arctique ou du golfe du Mexique s’avère d’ailleurs extrêmement fluctuant comme nulle part ailleurs en Europe : la journée du lundi 8 octobre, nuageuse et même pluvieuse en après-midi, ne verra pas la température dépasser 8°C, alors que le lendemain celle-ci affichera encore 27°C en pleine nuit sous vent de sud, de l’hiver à l’été en moins de 24 heures ! Les premières balades se feront dans le parc régional des 7 chutes au cœur de la région de la Matawinie, qui offre en particulier de beaux points de vue depuis le sommet du Mont Brassard, qui domine du haut de sa falaise de 200 mètres le lac Rémi et les érablières qui l’entourent. On profitera durant cette journée majoritairement ensoleillée de la flamboyance de l’automne dans les forêts québecoises, les érables apportant ces mille nuances de jaune, orange ou rouge peu fréquentes sous… nos longitudes européennes (la latitude étant pourtant proche), et des panoramas sur la succession apparemment infinie de collines, de lacs et de forêts en mue colorée automnale. Avec la métropole de Montréal distante d’une centaine de kilomètres, les sentiers feront d’ailleurs le plein en cette journée fériée localement ; l’esthétisme des érablières en cette saison vaut bien le froid, la foule et les sentiers boueux. Difficile d’ailleurs de bénéficier dans ces forêts denses et sans clairières de beaux panoramas, sans rester sur les sentiers et leurs points de vue aménagés sous la forme de passerelles suspendues au-dessus des escarpements et… d’arbres coupés pour dégager la vue !
dans le parc des 7 chutes : vues du Mont Brassard vers les lacs Guy et Rémi
dans le parc des 7 chutes : vues du Mont Barrière vers le petit lac Lazare
défilé de couleurs sur la route du chemin du Nordet
un bouleau du Québec et son écorce caractéristique, peu après avoir observé des oies du Canada (sans compter les nombreux ratons laveurs... morts au bord des routes)
Une nouvelle sollicitation pour faire figurer une de mes photos du lagon bleu au Cancéou sur le chapitre "escalade "du site www.myprovence.fr, en charge de la promotion du tourisme dans les Bouches-du-Rhône. C'est effectivement sans doute l'un des meilleures ratios beauté du cadre/difficulté de l'escalade qu'offrent les 2 courtes grandes voies récemment traçées dans l'aven de la Porte de Rome !
Balades en kayak et à pieds au départ de Grand Méjean, à la découverte des criques à l’eau translucide blotties sous les falaises de marnes ou de calcaire. La géologie de la côte bleue atteint ici sa plus grande variété : on passe en quelques centaines de mètres, de la calanque des eaux salées au cap Méjean, du conglomérat aux marnes puis au grès et enfin au calcaire, le tout étant souvent mélangé et enrichi d’inclusions d’aragonite, avec donc au final un très beau et rare florilège de formes et de couleurs, blanc du poudingue, traits oranges dans le gris des marnes, grès orange strié de lignes parallèles, et enfin calcaire blanc creusé de grottes au rocher multicolore. On découvrira ce jour une jolie crique sous les falaises de marnes, où une infiltration d’eau dans les fissures de grès alimente une cascatelle et des calcifications multicolores (méduse et colonnettes) plaquées sur les marnes, encore une curiosité géologique sur une côte qui n’en manque pas ! On explorera ensuite une grotte suspendue au-dessus de la mer proche du Cap Méjean, en fait un système de salles reliées par des corridors avec pas moins de 4 fenêtres naturelles ouvertes vers le large.
la crique atteinte en kayak...
... et ses formations de calcite et de marnes multicolores
la côte juste à l'ouest, ses vagues de marnes
la côte juste à l'est, son marne strié...
... et ses inclusions cristallines
vers le Cap Méjean...
... une grotte et son système de fenêtres au-dessus de la mer