AGORAMANIA : des grands espaces de Provence à la wilderness d'ailleurs







Des +6400 m de Bolivie aux -400 m de Jordanie, des monastères perchés des Météores aux églises troglodytes d'Abyssinie, des mosquées d'Ispahan aux dômes nervurés de Samarcande, du sable blanc du Nouveau-Mexique aux pitons gréseux du Hoggar...
Le 17 novembre 2019
Balade vers la roche percée vers la montagne Sainte-Victoire. C’est une aiguille de conglomérat plantée au milieu de pinèdes et des ravins de terres rouges quelques centaines de mètres à l’ouest du parking de Roques Hautes, dont la fenêtre naturelle est aisément visible depuis la D17 au sud. On découvre une véritable curiosité géologique sur cette lame de conglomérat orientée est-ouest à base de marbre, percée et creusée d’innombrables grottes, traversantes ou non, et d’arches multiples. On peut prolonger cette courte mais jolie randonnée vers le nord et le vallon du Marbre avec ses boules et aiguilles de calcaire plantées dans la pinède.
Le 16 novembre 2019
Enfin une journée libre de météo ensoleillée et non venteuse, de quoi retourner sur la Mecque des calanques, la face sud-ouest du plateau de Castelvieil, pour une traversée classique en terrain d’aventure partiel, la grande croisière qui fait suite à la traversée sans retour parcourue 6 ans plus tôt. Malgré son nom plus avenant, cette croisière en chaussons, alternant rappels pendulaires et/ou obliques et passages d’escalade délicats, s’avère plus engagée que la traversée sans retour : sitôt les premiers rappels descendus, l’itinéraire ne comporte plus aucune échappatoire avant la fin de la fissure large en 6a+. Le parcours en revanche reste plus évident que pour la sans retour ; il suffit de viser au plus « facile » dans ces falaises compactes où les zones lisses et/ou déversantes s’évitent souvent par des traversées en rappels ou en escalade.
On est vite dans le bain dès les premiers rappels, et après deux premières longueurs (enfin ascendantes !) éprouvantes en fissure raide puis mur lisse, on atteint le rappel en fil d’araignée de 40 mètres qui fait la réputation de la voie, et où il s’agit justement d’éviter le bain ! Pendu sur sa corde à près de 4 mètres du rocher, juste au-dessus du bleu, et faute comme nous l’espérions d’un becquet rocheux à attraper au lasso, le jeu consiste donc à se faire penduler par le grimpeur resté en haut du rappel pour enfin échouer sur le rivage rocheux ! La terre ferme promise rejointe, on profite alors d’une belle ambiance dans la longue traversée située entre ce rappel et la fissure large en 6a+ : rocher blanc ou zébré dans les dévers, concrétions sous les surplombs, boufigues de calcaire et dalles d’aragonite, on évolue sur un superbe calcaire, le plus souvent en balade contemplative, mais avec 2 pas de 5c un peu engagés, vu l’équipement à demeure succinct difficile voire impossible à compléter, un premier en mur raide à bras et un second… en traversée sur pieds. C’est l’occasion de s’échauffer avant le crux technique de l’itinéraire, la fissure-cheminée verticale qui permet de regagner la vire intermédiaire, avec une trentaine de mètres d’escalade raide et soutenue, à coincements et oppositions, à protéger sur friends et stoppers. Vu l’heure crépusculaire, on choisira alors de sortir par la fissure en 5c des « étudiants », ce qui ne nous prémunira pas d’un long retour nocturne dans le halo d’une frontale pour 2, tour à tour à pieds, en rappel, à nouveau à pieds puis en VTT !
En tout cas au final un itinéraire esthétiquement majeur comme souvent pour les traversées de Castelvieil, mais loin d’être anodin au vu des nombreuses et parfois délicates manœuvres de cordes, et des passages d’escalade parfois techniques et/ou engagés. Un départ dans les rappels avant 13h aux alentours du solstice d’hiver permettra d’ailleurs d’envisager cet itinéraire plus sereinement sans l’épée de Damoclès du crépuscule à 17h !
Le 11 novembre 2019
6 longueurs, partiellement équipé, 6a+ max
A mon sens 6a+/6a+/5c/3/5a/4c
Parcours de l’arête Save intégrale, une des nombreuses arêtes qui part du bas du vallon d’En Vau pour rejoindre le plateau de Castelvieil. C’est une voie partiellement équipée dont il convient de compléter les goujons par quelques coinceurs et sangles, et qui comporte dans une escalade certes un peu hétérogène - des passages faciles entrecoupés de pas d’escalade délicats et parfois patinés - de belles sections, particulièrement L3 et sa longue cheminée verticale à fissures franches. Le haut de l’arête se couche mais offre de belles vues sur la calanque d’En Vau et les soubeyrannes, lors de passages parfois aériens sur le fil de l’arête. Au final une jolie voie, à l’ombre en cette saison, bien indiquée en cette journée nuageuse, nonobstant une bel éclairage crépusculaire entre 2 bandes nuageuses
Le 9 novembre 2019
Première voie sur la dalle Tarzan, un plan incliné de calcaire situé au-dessus de la calanque de Sormiou. On peut s’y essayer à la (micro) grande voie, avec 2 petites longueurs pouvant s’enchaîner. C’est donc un secteur idéal pour l’initiation à la couenne ou à la grande voie, avec une approche courte, une escalade facile (ne dépassant pas le 4b) et peu athlétique sur un beau rocher blanc encore peu patiné, le tout au-dessus des couleurs azuréennes de la calanque de Sormiou.
Le 3 novembre 2019
N-ième retour sur les traversées de Cap Canaille, la vire Philémon jusqu’au rappel intermédiaire de la voie « attraction désastre » puis la traversée dite des immortelles qui ramène au sommet de la falaise. Ce sont 2 itinéraires courts mais parfois aériens, toujours bien équipés – avec même de nombreuses mains courantes – dont la combinaison peut s’envisager en moins de 3 heures. Ces parcours permettent surtout de découvrir lors d’une simple randonnée du vertige le caillou des lieux, un patchwork de calcaire, grès et conglomérat incroyablement sculpté, une poubelle géologique à l’esthétique complétement exceptionnelle.
descente au pied de la falsie dans "attraction désastre", un rocher encore plus incroyable qu'ailleurs !
Le 2 novembre 2019
"la marbrière", 7 longueurs, équipé, 5c max
5b/4b/5b/5b/5b/4b/5c
Retour sur cette falaise de la carrière découverte 3 ans plus tôt sur la voie Samsara Sattva, et son conglomérat aux allures de marbre, avec des galets blancs, jaunes et oranges pris dans un liant de calcaire gris mais de surface lisse, une sorte de mosaïque naturelle ! La marbrière offre qui plus est une escalade intéressante (plus que dans « Samsara Sattva ») dans le petit 5, avec même de belles longueurs telles que L1, L4 et surtout L5 et L7 sur dalle de marbre lisse plus ou moins inclinée, avec incrustations en relief de nodules de silex.
Un splendide caillou qui s’offre sous les chaussons, et qui rappelle dans un tout autre registre les falaises maritimes de strates de calcaire et de silex du parc du Gargano parcouru en kayak cet été.
Le 1er novembre 2019
"sur les traces de Gaston", 9 longueurs, équipé, 6a+ max
5b/5c/5c/5c/5c/5c+/6a+/5c+/5c
Retour sur cette voie justement classique qui dessine une hélice sur les flancs de l’aiguille-presqu’île de l’Eissadon, et offre une grimpe homogène dans le 5c moyennant des pas courts de 6a dans L6 et L7 et 1 pas de 6a+ à la fin de L7. C’est une très belle escalade sur un très beau caillou et dans un très beau cadre, parmi les plus belles dans ce niveau de difficultés, qui plus est très bien équipée. A noter les jolies L3 et L4 sur un calcaire blanc quelques mètres au-dessus de l’eau, et L6 ainsi que L7 splendides en traversée sur un calcaire sculpté en bouffigues puis en mur raide et prisu pile au-dessus du chenal qui traverse l’aiguille.
Malgré l’approche rendue plus longue par la fermeture de la route du col de la Gardiole, cette voie attire encore de nombreuses cordées, preuve encore aujourd’hui avec 4 cordées au départ à 10h. Le VTT permet de raccourcir et rendre plus ludique l’approche, avec au final seulement 1 h du parking sur la D559 au pied de l’aiguille.
Le 30 octobre 2019
Retour sur le meilleur spot de plongée apnée de la côte bleue à la pause méridienne, avec approche en VTT, masques et tubas dans le sac, puis plongée sur le beau tombant souvent exploré : la murène a pris des vacances mais la langouste est dans son logement habituel, une dernière occasion sans doute cette année de profiter en maillot de bain de ces fonds marins si riches !
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