29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 18:55

Le 29 mars 2025

Voies "toit du garrigou de gauche", 3 longueurs, équipé, 6a+ max

5b/6a+ (soutenu)/5a

"du plaisir pour pas cher", 5c ressenti 6a+ au départ

"paroi de droite du petit couloir", 5c ressenti 5b

"super dièdre blanc", 6a ressenti 5c

En ce jour de mistral retour sur la face sud du Rocher Saint-Michel, vers la voie de gauche du toit du garrigou, quelques années après la facile voie de droite du toit du garrigou. C’est un itinéraire court mais varié (mur raide, traversées, dalle à gouttes d’eau, fissure), avec notamment une belle première longueur… et une très belle seconde, soutenue, aérienne, et où la légère patine n’interdit pas une belle gestuelle. Et puis au pied du garrigou, la garrigue offre en ce printemps pour l’instant particulièrement pluvieux sa belle flore, notamment de nombreux buissons d’asphodèles qui prennent la pose devant les îles du Riou. On complètera la virée par quelques couennes du secteur, dont la jolie « paroi de droite du petit couloir » sur un calcaire rarement sculpté.

la garrigue, asphodèles en fleurs devant les îles et cueillette du jour d'asperges
la garrigue, asphodèles en fleurs devant les îles et cueillette du jour d'asperges
la garrigue, asphodèles en fleurs devant les îles et cueillette du jour d'asperges
la garrigue, asphodèles en fleurs devant les îles et cueillette du jour d'asperges

la garrigue, asphodèles en fleurs devant les îles et cueillette du jour d'asperges

la vue, vagues et train d'ondes
la vue, vagues et train d'ondes

la vue, vagues et train d'ondes

L1 du toit de garrigou de gauche

L1 du toit de garrigou de gauche

L2 du toit de garrigou de gauche, soutenue et superbe
L2 du toit de garrigou de gauche, soutenue et superbe
L2 du toit de garrigou de gauche, soutenue et superbe
L2 du toit de garrigou de gauche, soutenue et superbe

L2 du toit de garrigou de gauche, soutenue et superbe

voie "du plaisir pour pas cher", un 5c pas cher payé (plutôt 6a+/b au départ)

voie "du plaisir pour pas cher", un 5c pas cher payé (plutôt 6a+/b au départ)

voie "paroi de droite du petit couloir", 5c plutôt 5b sur un beau rocher très sculpté
voie "paroi de droite du petit couloir", 5c plutôt 5b sur un beau rocher très sculpté

voie "paroi de droite du petit couloir", 5c plutôt 5b sur un beau rocher très sculpté

voie "super dièdre blanc", 6a plutôt 5c
voie "super dièdre blanc", 6a plutôt 5c

voie "super dièdre blanc", 6a plutôt 5c

28 mars 2025 5 28 /03 /mars /2025 17:54

Le 28 mars 2025

 

Milan

Milan

l'arc alpin vu au décollage, du Val d'Aoste au Mercantour

l'arc alpin vu au décollage, du Val d'Aoste au Mercantour

le massif du Mont-Blanc, vue de détail des faces nord d'Argentière et du bassin d'Argentière
le massif du Mont-Blanc, vue de détail des faces nord d'Argentière et du bassin d'Argentière

le massif du Mont-Blanc, vue de détail des faces nord d'Argentière et du bassin d'Argentière

la face NE du Buet, les Fiz et les Aravais qui émergent de la mer de nuages à 2200 m

la face NE du Buet, les Fiz et les Aravais qui émergent de la mer de nuages à 2200 m

le désert de Platé et les Aravis au-dessus du stratus

le désert de Platé et les Aravis au-dessus du stratus

28 mars 2025 5 28 /03 /mars /2025 17:44

Le 27 mars 2025

A l’occasion d’un déplacement professionnel, visite en soirée du centre historique de Bergame, une trentaine de kilomètres au nord-est de Milan, une cité médiévale fortifiée bâtie en hauteur sur un promontoire rocheux, et où entre autres la basilique Santa Maria Maggiore impressionne le visiteur pour son impressionnant intérieur baroque tout en tapisseries et peintures.

le funiculaire entre Citta Bassa (ville moderne) et Citta Alta (cité médiévale fortifiée en haut)

le funiculaire entre Citta Bassa (ville moderne) et Citta Alta (cité médiévale fortifiée en haut)

la basilique Santa Maria Maggiore, agrandie successivement et à l'architecture hétéroclite, et ses impressionnantes fresques
la basilique Santa Maria Maggiore, agrandie successivement et à l'architecture hétéroclite, et ses impressionnantes fresques
la basilique Santa Maria Maggiore, agrandie successivement et à l'architecture hétéroclite, et ses impressionnantes fresques
la basilique Santa Maria Maggiore, agrandie successivement et à l'architecture hétéroclite, et ses impressionnantes fresques

la basilique Santa Maria Maggiore, agrandie successivement et à l'architecture hétéroclite, et ses impressionnantes fresques

la Piazza Vecchia

la Piazza Vecchia

23 mars 2025 7 23 /03 /mars /2025 15:21

Le 23 mars 2025

Balades dans la chaîne de la Nerthe entre littoral et étang de Berre, dans la météo mitigée et humide qui caractérise les mois de mars depuis l’année dernière. La garrigue en profite pour se parer de pelouses déjà fleuries, et la vie explose donc en ce début de printemps météorologique, vie végétale donc mais aussi animale avec les nombreuses chèvres arpentant le massif, chèvres du Rove ou non, et quelques rares et protégés aigles de Bonelli avec un gigantesque (sans doute dans les 4 mètres de diamètre) nid suspendu en pleine falaise, où la couvaison se poursuit actuellement…

les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue
les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue
les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue
les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue
les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue
les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue
les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue

les chèvres dans le paysage de garrigue, pinèdes et barres de calcaire typique de la côte bleue

orchidées
orchidées

orchidées

23 mars 2025 7 23 /03 /mars /2025 15:18

Le 22 mars 2025

Au secteur du banc face nord-est puis sud-ouest, voies

"qui sème le doute récolte la méfiance", 5a

"Ludo", 5a, ressenti 5c

"intempourri", 5c ressenti 6a+

Retour sur le site de couennes de Vitrolles dominant l’étang de Berre, de manière surprenante un endroit bien préservé de l’environnement bien dégradé et anthropisé de cette rive est de l’étang, entre lotissements, voies rapides, industries, aéroport et même stand de tir… On y trouve en effet un amphithéâtre de falaises de calcaire d’une quinzaine à vingtaine de mètres de haut, fortement surplombantes dans leur partie centrale, avec même des vestiges de constructions de récupération des eaux des résurgences. Côté escalade, on profite maintenant de nombreux secteurs de couennes bien équipés, dont un récent non référencé sur le flanc nord de la falaise, tous ces secteurs étant reliés par un bon sentier bien tracé (le topo n’est donc plus à jour). Les voies sont bien sûr courtes, très dures dans les toits de la partie centrale, mais, pour certaines d’entre elles sur la partie nord, dans le 5 (attention cotations souvent sévères !) ; elles valent notamment pour le beau et rare concrétionnement en colonnettes du secteur du banc, concrétions grises pour les voies au nord-est et ocres pour celles au sud-ouest !

l'approche par le canyon

l'approche par le canyon

le magnifique calcaire concrétionné à colonnettes des lieux, secteur du banc
le magnifique calcaire concrétionné à colonnettes des lieux, secteur du banc
le magnifique calcaire concrétionné à colonnettes des lieux, secteur du banc

le magnifique calcaire concrétionné à colonnettes des lieux, secteur du banc

retour par la Baume Canouille et le secteur du cube, par un sentier bien traçé et sous beaucoup de nouvelles voies hors topo
retour par la Baume Canouille et le secteur du cube, par un sentier bien traçé et sous beaucoup de nouvelles voies hors topo
retour par la Baume Canouille et le secteur du cube, par un sentier bien traçé et sous beaucoup de nouvelles voies hors topo
retour par la Baume Canouille et le secteur du cube, par un sentier bien traçé et sous beaucoup de nouvelles voies hors topo
retour par la Baume Canouille et le secteur du cube, par un sentier bien traçé et sous beaucoup de nouvelles voies hors topo

retour par la Baume Canouille et le secteur du cube, par un sentier bien traçé et sous beaucoup de nouvelles voies hors topo

16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 20:31

Le 16 mars 2025

Voie "au pays des merveilles", 7 longueurs, équipé, 6a max

5b/5c/4c/5b/5c/5c/6a (soutenu)

Retour sur la voie « au pays des merveilles » 12 ans après son premier parcours, une voie toute indiquée pour reprendre l’activité de grande voie dans les calanques après quelques mois d’infidélités de par sa marche d’approche immersive, longue et panoramique, et sa difficulté modérée (du 5 hormis une longueur terminale en 6a).
On évolue sur du calcaire blanc juste au-dessus de la Grande Bleue, sur et autour de l’Aiguille du Devenson, souvent en traversée dans les 3 premières longueurs, puis à la verticale dans les 4 suivantes, ce qui ne manquera pas de rappeler la voie « sur les traces de Gaston » sur l’Aiguille de l’Eissadon voisine. Nonobstant l’approche pédestre de plus d’une heure et demi depuis Luminy, ce serait une voie adaptée à de l’initiation pour des grimpeurs de 5… en l’absence de L7, longueur en fissure belle mais soutenue, et surtout beaucoup plus dure que le reste de la voie, avec un pas de 6a en Dulfer obligatoire au-dessus du point…

dans la belle et longue approche
dans la belle et longue approche

dans la belle et longue approche

L2, le blanc sur le bleu
L2, le blanc sur le bleu
L2, le blanc sur le bleu
L2, le blanc sur le bleu
L2, le blanc sur le bleu

L2, le blanc sur le bleu

L4 en dévers puis dalle ciselée
L4 en dévers puis dalle ciselée
L4 en dévers puis dalle ciselée
L4 en dévers puis dalle ciselée
L4 en dévers puis dalle ciselée

L4 en dévers puis dalle ciselée

L5
L5
L5

L5

L6

L6

la vue depuis la pause pique-nique au pied de la fissure de L7
la vue depuis la pause pique-nique au pied de la fissure de L7

la vue depuis la pause pique-nique au pied de la fissure de L7

L7 en fissure à Dulfer, vrai 6a obligatoire
L7 en fissure à Dulfer, vrai 6a obligatoire
L7 en fissure à Dulfer, vrai 6a obligatoire

L7 en fissure à Dulfer, vrai 6a obligatoire

au retour, vue vers le Cap Morgiou et Riou

au retour, vue vers le Cap Morgiou et Riou

15 mars 2025 6 15 /03 /mars /2025 18:07

Le 15 mars 2025

Au secteur "Tchernobyl", voies "morceaux choisis", 5c plutôt 6a+ au départ et "à vol d'oiseau" combiné avec "tiens bon la rampe", 5c puis 6b

Au secteur "mosaïque", voie "hurle-vent", 5c+ plutôt 6a/6a+

Retour à Châteauneuf-les-Martigues vers le vallon du Grand Guargo voisin de celui de Saut beaucoup plus fréquenté. Le Grand Guargo offre pourtant un cadre rocheux peut-être encore plus beau avec son demi-cirque de falaises ouvert vers le sud-est et donc bien protégé du mistral, le tout atteint par guère plus d’un quart d’heure de marche. Mais il est vrai que les voies ici ne brillent pas par leur accessibilité : rien sous le 5c (qui vaut d’ailleurs un bon 6a), un équipement parfois un peu distant, et un style très dalleux, si bien que la patine est généralement absente.
On profitera également de la floraison déjà riche de cette fin d’hiver très arrosée, avec notamment de nombreuses orchidées mais moins de jeunes pousses d'asperges que ce qu'on aurait pu espérer !

l'approche dans un beau cadre rocheux à quelques centaines de mètres de l'A55 (inaudible ici)
l'approche dans un beau cadre rocheux à quelques centaines de mètres de l'A55 (inaudible ici)
l'approche dans un beau cadre rocheux à quelques centaines de mètres de l'A55 (inaudible ici)

l'approche dans un beau cadre rocheux à quelques centaines de mètres de l'A55 (inaudible ici)

la flore du jour, alysson maritime, orchidées, narcisse...
la flore du jour, alysson maritime, orchidées, narcisse...
la flore du jour, alysson maritime, orchidées, narcisse...
la flore du jour, alysson maritime, orchidées, narcisse...
la flore du jour, alysson maritime, orchidées, narcisse...

la flore du jour, alysson maritime, orchidées, narcisse...

araignée thomise enflée sur orchis géant

araignée thomise enflée sur orchis géant

dans les dalles du jour
dans les dalles du jour
dans les dalles du jour
dans les dalles du jour

dans les dalles du jour

des fleurs... et des jeunes pousses d'asperges sauvages

des fleurs... et des jeunes pousses d'asperges sauvages

14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 19:16

Un article sur les raids à skis autour des lacs de Rabuons et de Vens en Haute-Tinée, dans le numéro 60 de Ski Rando Magazine :

https://www.skirandomag.com/numero60/

 

croisière dorée dans le Mercantour, l'article
14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 19:13

Ci-dessous le texte de l'article paru dans le numéro 59 de Ski Rando Magazine, sans les topos :

https://www.skirandomag.com/numero59/

Beaucoup ne connaissent du sport que les manifestations, compétitions, fédération, émulation, ostentation, fanions, chronomètration et dossardisation. A l’école, à la télévision, à la radio, dans la presse, au café du commerce, à la machine à café, il n’y a de place que pour ce sport institutionnalisé, marketé, une déclinaison transpirante du capitalisme et de la course autant contre les autres que pour soi. La montagne, tant hivernale qu’estivale, semble alors se transformer en un gigantesque terrain de sports plus ou moins aseptisé où cet hubris vient s’exprimer. Il est pourtant des sports, plus ludiques qu’olympiques, où la recherche de la beauté prime sur la course à la performance, et où l’activité physique constitue plus un moyen qu’une fin. Comment mieux définir le ski de randonnée, littéralement la pratique de la balade (avec 2 planches aux pieds) sur neige, une activité qui consiste plus à parcourir un milieu exigeant mais éminemment esthétique qu’à lutter contre le chronomètre ? La montagne enneigée n’est alors plus un stade où l’on vient explorer les limites de son corps, mais un lieu d’exploration et la destination par elle-même où notre corps va nous emmener.
Dur à faire aval(is)er cette conception à votre beau-frère, pour qui sport signifie forcément compétition : vous n’avez pas de Rolex au poignet à 50 ans, pas de Mercedes au garage, pas de Berluti aux pieds, et pas même un classement dans la dernière course de ski, un loser archétypique décidément ! Votre beauf n’oubliera d’ailleurs de mentionner que s’il ne risque qu’une contredanse pour ne pas avoir respecté les itinéraires imposés en voiture, vous risquez votre peau pour persister à divaguer à votre rythme loin des pylônes des stations ou des fanions des courses, à la merci des plaques à vent traîtreusement cachées. Et oui, vous n’avez d’autre objectif que de faire de belles courses sans faire la course, vous immerger dans la nature hivernale, sans les oripeaux de l’anthropisation, dans la solitude, le calme et le silence de la montagne enneigée, là où votre regard d’homo sapiens attiré par le mouvement peut enfin cesser de papillonner pour mieux se fondre dans Pachamama.
Dans ce cas, pourquoi ne pas viser les alentours du lac de Serre-Ponçon, son soleil du Sud et sa ceinture de sommets qui dominent le bras nord-est de ce grand lac de basse altitude, dont la topographie échancrée peut faire penser à un fjord norvégien ? 

Ce lac de barrage mis en eau en 1959 a noyé entre autres le village de Savines (reconstruit à l’identique à côté)… mais pas les sommets qui permettent de skier vue mer lac. C’est une mégabassine ou plutôt gigabassine (naturelle et non pas excavée) qui assure l’approvisionnement en eau du pays aval en saison sèche estivale - en tout cas tant que les glaciers des Ecrins existent et assurent un débit en l’absence d’épisode pluvieux – et le lissage des crues, comme récemment en mai 2018, décembre 2019 ou mars 2024. Ne voyez pas la main des lobbys productivistes agricoles derrière ma plume ou plutôt mon clavier, et inutile de venir installer votre tente 2 secondes dans le platane de mon jardin, cette analogie oiseuse a juste pour but de rappeler tout l’intérêt de ces lacs de retenue pour des régions au climat semi-aride telles que la Provence. 

En complément de ses fonctions hydrologiques et énergétiques, le lac constitue également l’un des épicentres du tourisme estival dans les Alpes du sud, avec sa petite mer intérieure tournée vers les montagnes, bordée de plages et parcourue d’une armada de voiliers, dériveurs, wing truc et foil machin, du tourisme balnéaire qui vient fort opportunément suppléer au vecteur touristique du ski hors saison des sports d’hiver. Son remplissage estival, au plus près possible de sa cote d’exploitation optimale, devient d’ailleurs un marronnier chaque printemps.

C’est dans cette zone que le ski de randonnée prit son essor en France, plus précisément sur les pentes du Mont Guillaume, où le lieutenant Widman a voulu prouver à la fin du dix-neuvième-siècle la supériorité du ski sur la raquette pour les déplacements des troupes de montagne. Sa démonstration s’est basée sur un test, lui-même constituant le cobaye, et il effectuera son aller-retour de la gare d’Embrun au sommet du Mont Guillaume en 5 heures de montée puis 1h30 de descente avec des skis commandés de Suède. Cette première descente du 12 février 1897, déjà conforme à l’esprit des déplacements bas carbone par la force des choses (!), marquera comme il l’espérait le début de l’introduction des skis dans l’arsenal des troupes de montagne françaises. Si vous voulez aujourd’hui gagner le sommet du Mont Guillaume et sa chapelle, en hommage ou non à l’importateur du ski de randonnée en France, vous pouvez utiliser votre arsenal modernisé, avec des skis en bois ou non, suédois ou pas, mais ne manquez pas d’invoquer l’argument du réchauffement climatique en près de 130 ans pour justifier votre départ d’une altitude supérieure à celle de la gare d’Embrun à 870 mètres !

Difficile de retenir une unité géographique ou administrative pour les itinéraires décrits dans cet article, à cheval entre Alpes Hautes ou de Haute-Provence, Ubaye et Ecrins, massifs et départements, le seul critère retenu étant donc… la vue sur le lac depuis les sommets !
Les courses seront décrites par leur position géographique autour du lac, dans le sens des aiguilles d’une montre, du Piolit au Pouzenc en passant par le Mont Guillaume ou le Petit Parpaillon, autant de pentes dans lesquelles vos spatules pointeront vers le Grand Bleu… ou plutôt Petit Bleu si l’on veut plus d’objectivité.

Dans un Champsaur déjà bien connu des skieurs de randonnée, le Piolit constitue peut-être la course la plus classique : la proximité de Gap, une orientation nord favorable dans les Alpes du soleil, une longueur et difficulté rendant la course accessible au plus grand nombre, un terrain varié de la piste de ski nordique aux combes sommitales en passant par la forêt, font que la voie normale en face nord au départ de la station d’Ancelle voit des processions de skieurs les week-ends de beau temps.
Il est pourtant un autre chemin, guère plus difficile ou long - mais certes plus vite déneigé sous l’anticyclone : celui de la face sud-est au-dessus de Chorges, où l’expérience intime se rapprochera plus de la retraite que du pèlerinage. Ici en adret - comme en ubac dans la voie normale - vous trouverez pistes, mélézins et grandes pentes sommitales, mais ici comme pas ailleurs vous évoluerez avec le lac dans le rétroviseur à la montée et le masque à la descente, sur un versant tourné tout exprès vers le fjord. C’est une course panoramique s’il en est, où vous risquerez autant la fracture de rétine que l’entorse du genou !

C’est au-dessus de Réallon - l’autre station de ski alpin à taille humaine de cette extrémité méridionale du Champsaur – que se trouvent les Aiguilles de Chabrières, un flambeau de calcaire perché à moins d’une dizaine de kilomètres à vol de chocard du lac. Ces grandes tours de calcaire accolées détonnent dans le doux relief du Champsaur, et leur silhouette dolomitique attirera tant les grimpeurs – vite échaudés par un rocher de qualité… perfectible - que les skieurs, dont le regard se portera sur les couloirs blottis entre les aiguilles, notamment le couloir nord-est ou celui de la brèche est. Mon premier permet de gagner la crête sommitale et son formidable belvédère sur le lac ; mon second donne accès au grand karst de l’Oucane, un lapiaz - rare dans les Alpes du Sud – qui pour les nordistes ne manquera pas d’évoquer le désert de Platé dans le Haut-Giffre.

Mais l’aiguille du sens horaire tourne, et il est maintenant l’heure de se pencher vers le berceau du ski de randonnée en France comme abordé en préambule : le Mont Saint-Guillaume, dont la première ascension à skis remonte donc au dix-neuvième siècle. Je décrirai ici l’itinéraire classique et historique, celui qui bénéficie du meilleur enneigement et de l’approche routière la plus commode : le versant nord-est au départ du Château de Caléyère puis par la chapelle des Séyères. Le passé n’est pas que militaire ici mais aussi religieux, et vous pourrez vous recueillir tout au long du chemin de croix de la montée dans ce lieu historique du ski de randonnée en France, d’abord à la chapelle des Séyères à demi-pénitence, puis à la chapelle sommitale et son point de vue mystique sur le lac qui s’étire vers l’ouest.
Si vous considérez ne pas avoir suffisamment flagellé vos mollets en regard des nombreux vices à expier, vous pourrez même aller rôtir dans le couloir sud de l’Arpion, une belle ligne peu connue à l’ambiance rocheuse marquée entre des falaises de calcaire déliquescent.

Place au sécularisme maintenant, vers le sommet du Parpaillon, où remontées mécaniques et tunnel traversant la montagne ramènent à une montagne où l’économie et le matérialisme priment sur la spiritualité. Ici comme pour les Aiguilles de Chabrières, l’approche pourra se faire à la force des mollets depuis le parking, ou à celle du portefeuille depuis le sommet des pistes de Crévoux. Petite préférence me concernant pour l’utilisation (sacrilège !) des téléskis, pas seulement par paresse et velléité d’échapper à la longue piste du Parpaillon, mais aussi par épicurisme et souhait de passer par l’esthétique crête nord du col de Girabeau. Vous profiterez dans les deux cas d’une grande descente versant nord du Petit Parpaillon : ce sera aussi bon en poudreuse que de manger du Nutella à la cuillère dans le pot… mais sans les remords !

Quelques heures de cadran plus tard, nous voilà maintenant sur le Pouzenc, la montagne-phare de l’Embrunais, dont la face nord aimante le regard des skieurs de retour des Ecrins ou du Queyras sur la nationale 94. Cette pyramide rocheuse à la position dominante peut s’atteindre par presque tous ses versants, le plus commodément sans doute par son versant sud puis son court mais raide et exposé couloir nord-est qui force la barre sommitale.  L’arête sommitale vous récompensera au-delà de toute attente, et l’endorphine supplantera vite l’acide lactique sur cette ligne alpine et suspendue entre neige et ciel, tendue vers le lac de Serre-Ponçon très loin sous les spatules. 

Voilà, l’aiguille a terminé sa révolution, et il est temps que ces verbiages se terminent enfin pour laisser la place à ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander : les topos détaillés de ces courses aux allures norvégiennes, mais à moindre bilan carbone et meilleur bilan soleil ! 

9 mars 2025 7 09 /03 /mars /2025 10:33

Le 8 mars 2025

Après les sources chaudes de Saturnia une semaine plus tôt, retour sur un autre site thermal de Toscane sur la route du retour en Provence : les thermes de Saint-Philippe, une autre source thermale sulfureuse – très chaude avec des eaux initialement à plus de 50°C – riche en carbonate de calcium, déposé sous la forme d’un pan de montagne fait de travertins multicolores dominés par une cascade pétrifiée : « la balena bianca ». On trouve à la base ou sur les flancs de ces concrétions carbonatées des piscines naturelles plus ou moins grandes et profondes, de température décroissante à mesure que l’on s’éloigne de la source dominant ce site.
C’est insolite, rare et superbe, et somme toute peu fréquenté en regard de l’exceptionnelle valeur esthétique et thermale de ce site thermal, sans doute parmi les plus beaux de ceux que j’ai eu le plaisir de découvrir jusqu’à maintenant !

le torrent tiède à côté et sa succession de vasques de travertin façon sources de l'Huveaune

le torrent tiède à côté et sa succession de vasques de travertin façon sources de l'Huveaune

Balena Bianca et sa magnifigue cascade de concrétions carbonatées qui sont aussi...
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Balena Bianca et sa magnifigue cascade de concrétions carbonatées qui sont aussi...
Balena Bianca et sa magnifigue cascade de concrétions carbonatées qui sont aussi...
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Balena Bianca et sa magnifigue cascade de concrétions carbonatées qui sont aussi...
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... des vasques de travertin multicolore et des piscines d'eau thermale entre 30 et 45°C
... des vasques de travertin multicolore et des piscines d'eau thermale entre 30 et 45°C
... des vasques de travertin multicolore et des piscines d'eau thermale entre 30 et 45°C
... des vasques de travertin multicolore et des piscines d'eau thermale entre 30 et 45°C
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... des vasques de travertin multicolore et des piscines d'eau thermale entre 30 et 45°C

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